12h30: Déjeuner. Je parle à papa d'une étudiante de notre connaissance qui loge chez une handicapée chez qui elle fait des services en échange du logement et lui suggère que des élèves infirmières pourraient loger chez lui, par la suite, en soulignant le côté compagnie et solidarité. Un extrait de mail de cette jeune femme: plus nous faisions les folles, plus le visage de notre mamie d'adoption s'illuminait ! Je suis heureuse de ce mode de logement qui me permet tout en étant utile de vivre dans un cadre que les étudiants n'ont pas l'habitude d'avoir. Et je ne parle même pas des relations humaines qui se nouent dans de tels contextes... c'est parfois dur, fatigant, mais tellement riche !
Il ne dit ni oui ni non, dit qu'il vit dans le présent, qu'il ne se voit pas faire de projet, bon, chacun sa tactique, moi j'aurais bien vu la maison redécorée dans tous les tons de rose qui peuvent graviter autour de Barbie (pas Klaus.) avec des objet évoquant le plus violement possible le sucre d'orge, des cascades de duvet, des coussins kitchs et 365 fois 24 heures de compil des Lolitas les plus Lolitantes du marché. (En ce moment j'ai bien du mal à me remettre de l'audition de « goodbye moon » par Shivaree, je crois. Je sais pas ce qu'on lui a mis dans sa blédine à celle là mais sur ce sujet là aussi, je commence à douter dopage.) Pendant le déjeuner, je lui fais raconter de ses histoires d'avocat, sans doute à cause de l'idée solidaire qui m'avait effleurée et ça nous change un peu de l'ambiance de slurps compassés que nous entretenions jusqu'à présent.
11h40: Arrivent Brigitte et Marion, qui nous relèguent un peu en fin de tournée vu que pour maman il n'y a plus trop d'impératif horaire, à d'autres d'avoir cet avantage là. Maman ouvre l'oeil et semble regarder Marion qui lui parle mais ne réagit pas du tout. Enfin il y a un plus par rapport aux derniers jours. Problèmes de draps encore, les draps housses en coton ne vont pas sur le lit de maman, ça me semble nouveau, je comprends pas, du coup, je les mets tous dans l'armoire de papa. Ca me gave, ces histoires de draps qui vont pas, ça me gave grave.
10h00: Je fais des massages de temps en temps à maman. Sa main droite est bien gonflée, ses pieds ont des difficultés de circulation et la perf dans la cuisse fait un oedème qu'on peut essayer d'aider à résorber en faisant gaffe à l'aiguille qui reste en place. Elle semble dormir, ou s'absenter, on ne sait pas trop, mais il passe quelque chose quand même dans ces moments là, il me semble. Sans ça, merles et rouge gorges vendangent la vigne vierge, ça me plait bien et j'essaye de filmer. Je nettoie les carreaux qui peuvent servir à une prise de vue, ce qui fait que quelques fenètres ont un carreau nickel qui donne l'impression de laisser entrer le froid.
08h00: Tiens, j'avais oublié d'en parler hier, mais comme papa disait qu'on n'échappait pas à cette terrible chose d'une mort longue à venir, je lui ai opposé le cas de tonton, noceur notable, parti il y a quelques jours de ça d'un arret cardiaque dans la baignoire de sa copine. Lui à qui ils reprochaient d'être obsédé sexuel, voilà, et la morale de l'histoire c'est que c'est les mieux lotis. D'abord, les gamins veulent tous devenir pompiers c'est parcequ'ils sont mal renseignés et qu'ils savent pas bien comment le dire, sinon ils voudraient tous devenir obsédés sexuels. Je voulais aller le voir un jour à Paris et bien c'est loupé. Adieu Tonton.