lundi 29 septembre 2008

SAMEDI SOIR. Maman a dîné au lit, elle est très endormie mais j’ai compris ce qu’elle m’a répété : « Quand est-ce que ça va finir ? ». Je ne suis pas partie pour remonter le moral des usagers du blog, je n’ai pas la grâce de François, qui arrive à nous faire sourire ou même rigoler avec des choses pas gaies dans le principe….

Au cinéma ce soir, vu « La faille », un super bon film haletant avec cet excellent Antony Hopkins, l’anthropophage du « Silence des agneaux », il est remarquable en personnage diabolique. Je l’ai vu sans Papa, qui va se coucher trop tôt, et en VO.

DIMANCHE MATIN. Toujours un soleil remarquable, ainsi que le froid. Cette fois-ci, ravissante apparition de Marion et Olivia, j’ai pensé à mon petit frère et je les ai prises en photo. Je ne sais pas laquelle a les plus jolis yeux, Olivia les a vert spectaculaire et un sourire de pin-up de la télé, un sourire « people », mais, elle, ce sont ses vraies dents !

Papa m’a proposé la messe pendant que Maman se rendort au lit, j’accepte pour la balade à vélo, elle a été plus longue que prévu, mais fort agréable : d’abord, l’église de la Résurrection à Presles, puis, comme Papa s’était trompé de lieu, il a fallu pédaler jusqu’à l’église de Courmelles, où se déroulait une première communion pour des enfants de l’âge de Cléa. Charmante cérémonie, aucun enfant n’était habillé autrement qu’à l’ordinaire, il y eut quelques photos, mais très discrètement et le prêtre africain qui menait tout ça sans prononcer les « R » mettait beaucoup de gaieté. (Vous l’aurez compris, Papa a fait le tour en automobile et moi à vélo)

Ensuite, on a déjeuné avec Maman. Le déjeuner, c’est toujours Papa qui me parle ou le contraire, Maman semble ailleurs, surtout qu’elle a les yeux fermés. Mais quand on lui demande si elle veut ceci ou cela, elle répond clairement de la tête. Je continue de lui parler, je ne sais pas si elle fait toujours l’effort d’écouter, mais je sais qu’elle entend et comprend. C’est devenu plus difficile de la faire sourire.

LE SOIR. Pendant la sieste de Maman, vu le temps exceptionnel, je propose que Papa m’emmène voir les « fantômes de Landovski » vers Oulchy-le-Château, monument commémoratif de 14-18 que je n’ai vu qu’en photo. On se perd un peu, Papa a la vue qui baisse mais pas moyen de me laisser lire la carte, il doit penser que c’est un art masculin. Enfin, on arrive, c’est tout à fait impressionnant, de loin comme de près. Malgré une lumière peu favorable, puisque le soleil se trouvait derrière les fantômes et non derrière moi, j’ai fait des chouettes photos Comme pour la messe, on ne s’attarde pas. Papa est persuadé que Maman va partir d’un moment à l’autre. Il est content, une fois rentré, pendant que Maman profite du soleil sous l’arbre le plus proche : il est content d’y être allé et d’avoir vu quelque chose de superbe et de me l’avoir fait découvrir.

Revisite des charmantes de ce matin. On parle de François, de Sète, elles ne savaient pas que ça se trouve est dans le sud. Pendant la toilette, Maman a eu un fou-rire, parce qu’elle a donné une claque, involontaire, faut-il le préciser, à Olivia.

Par contre, dîner au lit, et elle n’accepte que des choses sucrées. J’ai fait une charlotte aux pommes avec crème anglaise qui passe très bien.

Au moment du dîner, François appelle, puis rappelle plus tard, mais on se marre devant un film français avec Michel Blanc, ça commence très bien et ça devient guimauve, mais du coup j’ai loupé une conversation avec François, qui, elle, aurait peut-être été réconfortante.

LUNDI , 29 SEPT. J’attends le train de 16h.49, je suis en avance avec mon PC sur les genoux. Un jeune type, assis à côté avec sa musique dans les oreilles, coupe le son le temps de me dire que c’est imprudent de sortir le PC dans une gare. Je remarque qu’il n’y a que nous deux sur le quai, et que lui n’a pas l’air d’un voyou. Je me dépêche de donner de mes nouvelles parce qu’à Paris, avec l’anniversaire de Matteo, je vais être pressée, je n’ai pas le cadeau, j’ai des coups de fil à donner etc.

Maman est restée dans son lit, réveillée mais trop fatiguée pour vouloir le fauteuil, je lui ai dit au revoir, et je ne suis pas sûre du tout du revoir. Mme Legrand nous a dit ce matin qu’en plus du reste, Maman avait une embolie pulmonaire, elle reçoit des piqûres d’un anticoagulant pour dissoudre le caillot qui bouche son artère pulmonaire.

Après le déjeuner, on a parlé avec François, il sera à Vauxbuin Vendredi. Il n’avait pas l’air d’avoir le moral, lui non plus. Je suis contente qu’il attende de mettre mon journal sur son blog, mais ce que j’ai à raconter ne doit pas l’aider à « décompresser », ça non.

J’oubliais de dire que Thomas avait appelé de Corée, et j’étais trop troublée pour lui parler ou même lui demander ce qu’il voulait me dire, mais je sais qu’il viendra à la mi-Octobre, c’est une bonne nouvelle.

Voila, le train est parti sans que je me fasse dépouiller, j’ai passé le flambeau ( ?) à Thierry, lui laissant de la soupe pour Maman et de la compote des pommes du jardin, et je vais retrouver quelques jours, si Dieu le veut, mon mari méditerranéen.