dimanche 7 septembre 2008

19h03: Je vais chercher ma soeur au train. Je lui raconte les récents événements et l'heureux dénouement en la regardant cueillir ses fleurs. Elle n'y croit pas trop et dit que papa va le lui raconter en se plaignant. A l'arrivée, elle est bien surprise, pas un mot sur l'affaire et papa est très bien luné. Voilà, c'est là qu'on en est. Christine a passé son permis de lève personne et faut que je me foute un pied au cul pour décoller demain et profiter de la période que mes ainés m'ont ménagée parceque par la suite, ça a l'air de se raréfier, leurs disponibilités.

09h50: Bon, ben la champètrerie a fait long feu, elles arrivent alors qu'on avait juste levé maman pour la faire déjeuner. Recouchée relevée tidej et elle demande à se recoucher. Plutôt un jour sans. Je profite de la présence de mon néné pour aller faire un tour à un vide grenier dans un bled voisin. J'y achète des tomates, un bocal de gelée de sureau et un petit pâté de lapin (J'en profite que je suis pas en bateau.) à une petite dame qui visiblement vend ses produits. Les tomates font une entrée en salade au retour. Roti haricots et gateau. Maman est très somnolente. Elle demande du gateau après son yaourt. Après le repas, on a une petite animation. Ou en cours, aussi c'est pareil... D'abord, ça commence que, à un moment, papa et Thierry parlaient de la collaboration et de comment le gouvernement de gauche d'alors avait donné les pleins pouvoirs à Pétain. Nos duettistes se sont mis à broder sur le thème dans une rigolasserie à eux mouchettée de mots d'esprit, de prime abord, rien que d'ordinaire. De mon coin de table, j'avise que Kathleen masque, « elle se fait chier », me dis-je, normal, les repas de famille c'est fait pour ça. Du coup qu'elle est dans la normalité, je lui fais un sourire et je lui dis un truc genre: « C'est bien les dimanches? » essayant d'être connivent. Du coup elle se lève, plus en pétard que je croyais en disant que dans sa famille on s'était battu et qu'elle en était fière et qu'elle était blessée par les propos tenus. On essaye de digérer ça elle d'un côté nous de l'autre et on se rabiboche je sais plus trop comment. Thierry ne voyait pas en quoi les propos pouvaient offenser et effectivement je crois pas que ça serait plaidable et pour moi, l'offensant était dans l'esprit des propos. Qu'ils fusaient d'une vieille douleur de vaincu mal digérée et que de celà, effectivement, dans son ambiance familiale, elle était exemptée pour faits de guerre. Voilà comment je vois moi... Et peut-être que pour elle les repas de famille sont pas faits pour se faire chier, mais alors, là, moi, ça me dépasse... Bon, mais ça, c'était juste la mise en bouche. Le mieux c'est encore après quand j'étais dans la cuisine, j'ai pas entendu ce qu'a dit papa, mais d'un autre côté je l'ai déjà tellement entendu que c'est comme si je l'avais entendu, sur maman mourante etc. Mon frère lui dit qu'il faut pas le dire et papa a du marmonner dans l'autre sens et Thierry l'a dit plus fort, encore plus fort et tous les deux sont debout, et « assied toi! » Et « Tu vas me frapper » et « non, mais assied toi » Ils ont bien monté la mayonnaise que pour finir papa est parti furieux dans son auto avec son chien, disant qu'il ne reviendrait que quand Thierry n'y serait plus. Du coup on est resté les trois et Kathleen et moi assez critiques sur l'intensité du clash. Plutôt à prôner de chercher à le valoriser que de l'écraser, dans le principe. Mais Thierry en face, nous assurant que tout est sous contrôle, qu'il va tout recoller les morceaux, qu'on est des truffes, que tout s'arrangera. Avec il y a toute une théorie que je m'étends pas dessus parce que ça m'a déjà assez gavé de l'entendre. Pour finir, malgré notre scepticisme, tout s'est arrangé comme il disait. Papa est rentré, ils ont causé calmement longtemps, en gros ils ont fait la paix et papa a été à même d'entendre plus de trucs que d'habitude. Thierry revient mercredi, ça baigne. On fait une balade avec maman qui est toujours très somnolente et je les accompagne au train.