jeudi 4 septembre 2008

10h00: Maman est réveillée et dit qu'elle a pas dormi de la nuit. Comme je la lève avec l'appareil, elle dit que c'est pratique, mais que c'est provisoire. Je lui demande de préciser et elle me dit qu'elle va remarcher. Mon premier mouvement a été de lui dire que c'était pas possible mais j'ai bien vu qu'elle ne me croyait pas. Dans la balade elle m'a demandé d'essayer de la faire marcher pour qu'elle voie. Je me suis exécuté, il a fallu s'y reprendre à deux fois et comme conclusion, elle a dit que ses deux pieds étaient pas sur le même plan, que c'était pour ça qu'elle y arrivait pas. Je lui ai répondu que bien sur, on s'employait à lui mettre des embûches et elle a rigolé de bon coeur. Aujourd'hui, j'ai la maman la plus locace de la terre. Un peu plus loin elle a dit qu'elle réessayerait après le déjeuner quand elle serait reposée. Ok ok, je fais, évasif. Encore plus loin, elle dit qu'elle fera le retour à pied. Quand je lui objecte que les essais successifs me font mal au dos, elle me répond: « Avant, ça te faisait pas mal au dos. » Bon. Un peu plus loin, elle trouve un nouvel argument: « De toutes façons, le fauteuil il est pas à nous, il est loué. » Je lui demande alors si elle remarchera quand le bail sera fini: « Oui! » Voilà pour le débat sur la marche. Ca parait limpide, heureux lecteur, pour toi j'ai prémâché et fait le tri. Car dans le même temps et simultanément, ma maman bavarde et rigolarde a comme souci qu'elle est persuadée que son mari a passé la nuit dehors, qu'il a pêché un poisson qu'il ne veut pas relâcher « alors qu'il y a plein d'autres poissons dans la mer, il serait pas tout seul. » Qu'il a reçu un client cette nuit avec qui elle l'a entendu parler. Qu'elle a du courrier à taper pour lui en retard et que sa machine à écrire est en panne. Il lui arrive d'ailleurs de la graisser de temps en temps, « il y a des petits trous pour ça. Bon, maintenant on sait où est son arrosoir jaune en métal, il est loin dans le passé, du côté de Neuilly, cette affaire là semble réglée. Mais bon, il reste quelques petits points à voir. Il semble qu'en fait elle ait eu des insomnies cette nuit et qu'elle ait parlé, ce sur quoi papa ne se dérange pas, la nuit lui étant faite pour dormir. Ce doit être pour ça qu'elle pense qu'il était sorti. Je pense aller dormir à côté d'elle et lui tenir compagnie en cas. Pendant toute sa loquacité, nous avons énormément rigolé avec maman. Des fois elle le regarde et éclate de rire. Elle a une euphorie avec sa parlote qui est plutôt agréable. Evidemment, pour papa c'est tout à fait tragique. Maintenant, pour continuer dans le tour un peu « strange » du moment, j'ai des coups de fil successifs de mes frangin frangine, toujours très brefs, succints et contradictoires dont il ressort que je ne sais plus du tout quand je vais à Paris ni même si j'y irai un jour. Passé le bref instant de fureur de haine et de rage qui m'a effleuré de son aile, après que j'aie mis en miettes l'horloge familiale, brulé trois tapis, effondré la facade est de la maison, je me suis dit que tout celà était en fait assez futile et que je m'en tapais bien d'aller tel ou tel jour à la capitale et que j'avais bien raison de pas faire de plans sur la comète. Alors j'ai pu positiver en plein et apprécier de faire enfin la cuisine en plein air comme de ne plus être tributaire d'une stupide porte avec sa putain de clef. (Les destructions sont de pures fictions faites par une doublure sur des fac-similis en... ce qu'on veut. -note à l'usage des cohéritiers-) Le dernier épizobe, c'est mon frère qui me téléphone qu'il aimerait bien venir plus tard. Je lui dis qu'il vient quand il veut, juste il s'entend avec sa soeur pour me faire une semaine. A quoi il répond qu'il peut pas parler avec sa soeur, qu'ils s'engueulent. A quoi mes talents de diplomate vont je ne sais où faire je ne sais quoi et je lui répond que s'ils s'entendent pas eux, je vois pas pourquoi on s'entendrait nous. Qu'il vienne quand il veut et voilà. Pour compléter le tableau, peu avant il y avait eu un échange entre mon père et ma soeur sur une histoire de compte de ma mère que papa lui a raccroché au nez tremblant de colère. Bon, voilà, pour le moment ça suffit, mais discrètement, le vent est passé de force 4 à force 11 et comme dit par moment maman dans son fauteuil à l'arrêt: « Ca bouge. »