17h00: Comme annoncé, voici le texte de papa. Suivra un envoi papier pour les happy few, j'ai déjà le mien, nananère...
Franck MIGNON
CE QUE JE CROIS
Je suis né en 1920. J’ai grandi dans l’amour de la Patrie et de l’Eglise, toutes deux menacées. Le vent de la déroute de 1940 a balayé mon patriotisme, mon attachement à l’Eglise Romaine s’est relâché en 1945, mais le Concile a resserré le lien. A l’âge de soixante-dix ans, j’ai voulu approfondir la question incontournable de l’existence de Dieu. Ce qui suit est le résultat de mes réflexions.
Commençons par la conclusion. Je suis aujourd’hui convaincu qu’un être humain ne peut acquérir de certitude sur l’existence de Dieu par le simple usage de la raison. Affirmer que Dieu existe, ou affirmer le contraire, relève du pari.
Longtemps, l’Humanité a considéré l’existence de Dieu comme évidente, à cause de la beauté et de l’ordre que nous découvrons dans l’univers, mais DEMOCRITE affirmait déjà, quatre siècles avant JESUS CHRIST, que tout ce qui existe est le fruit du hasard et de la nécessité. DEMOCRITE ne pouvait fournir la preuve de son opinion, mais la science moderne a découvert des éléments de chaos dans l’Univers. Cela ne prouve pas que le hasard a engendré l’Univers, mais rend l’affirmation vraisemblable. Dieu (s’il existe) a manifestement voulu que son existence soit entourée de mystère et il faut nous résigner à l’incertitude, mais nous pouvons toujours parier.
Je parie sur l’existence de Dieu parce que la perspective d’avoir accès à la Vie Eternelle est attrayante. C’est, peut-être, c’est probablement trop beau pour être vrai, mais une chance infime d’accéder à la vie divine ouvre un champ sans limite à l’espérance alors que la perspective du néant plonge l’âme la plus robuste dans le désespoir. Comme n’accèdent à la vie éternelle que ceux qui ont pratiqué la charité à un degré héroïque, je n’ai aucune chance de voir ma candidature retenue. Il me reste seulement à espérer que la miséricorde divine soit vraiment infinie.
Mon adhésion à la doctrine romaine qui remplit les six cent quatre-vingt et une pages du Catéchisme Conciliaire, publié par JEAN PAUL II en 1992, s’arrête là. Je rejette avec horreur l’explication sacrificielle de la Croix qui est le socle de la liturgie de la messe.
Selon le Catéchisme de 1992, JESUS est la victime librement consentante du sacrifice offert à Dieu en échange du pardon des péchés commis par les descendants de NOE. L’idée que Dieu infiniment bon ait pu tenir pour « agréable » le supplice de son fils bien-aimé est simplement grotesque.
En 1976, le Cardinal RATZINGER qui devait devenir quelque temps plus tard le Pape BENOIT XVI a publié un livre intitulé « Foi Chrétienne Hier et Aujourd’hui » dont les lignes suivantes sont extraites.
« Pour un très grand nombre de Chrétiens et surtout pour ceux qui ne connaissent la Foi que d’assez loin, la Croix se situerait à l’intérieur d’un mécanisme de droit lésé et rétabli. Ce serait la manière dont la justice de Dieu, infiniment offensée, aurait à nouveau été réconciliée par une satisfaction infinie. Certains textes de dévotion semblent suggérer que la Foi Chrétienne en la Croix se représente un Dieu dont la justice inexorable a réclamé un sacrifice humain, le sacrifice de son propre fils. Autant cette image est répandue, autant elle est fausse. La Bible ne présente pas la Croix comme faisant partie d’un mécanisme de droit lésé ».
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Le Cardinal partage mon refus, mais s’exprime avec une infinie prudence parce qu’il sait qu’il marche sur des œufs et il ne va pas jusqu’au bout car il ne dit pas la vérité lorsqu’il affirme que la Croix n’est pas représentée dans la Bible comme un mécanisme de droit lésé. Tout au contraire, les quatre Evangiles exposent la thèse sacrificielle et la liturgie de la messe est la commémoration d’un sacrifice qui se termine par un repas rituel au cours duquel les assistants mangent le corps de la victime et boivent son sang !
C’est parce que les textes sacrés sont ce qu’ils sont que le rédacteur du Catéchisme reprend la thèse sacrificielle à laquelle aucun Chrétien, et lui-même, ne croient plus.
L’idée de Providence selon laquelle Dieu est le maître de l’Histoire et se manifeste par des miracles est aussi absurde. L’accepter revient à rejeter sur Dieu la responsabilité de tout le mal qui se commet. Dieu a abandonné à l’Humanité la domination de la Nature et ne communique plus avec ses créatures que par la Grâce.
Depuis qu’il a accédé au trône de PIERRE, Josef RATZINGER reconnaît volontiers que l’Eglise, dont il est le monarque absolu, a souvent péché mais il n’entre pas dans le détail. Or, si l’Eglise connaît aujourd’hui de nombreuses apostasies, si les vocations religieuses ne permettent plus d’assurer la relève du Clergé, c’est parque ROME est accusé d’avoir trempé dans le génocide des Juifs accompli par les Allemands.
La preuve du bien fondé de cette accusation est fournie par l’Eglise de FRANCE qui a publié en 1997 une déclaration de repentance dans laquelle elle avoue textuellement que son silence durant la guerre, le fait de n’avoir pas protesté contre les violations du droit des gens commis par le gouvernement du Maréchal PETAIN, la constituait passivement complice de ces crimes.
C’est un aveu terrible, si terrible que la hiérarchie n’a pu se résoudre à s’y associer. Cependant, il est de notoriété publique que l’Eglise de FRANCE n’a fait qu’obéir au Pape de l’époque, qui s’appelait PIE XII.
La crise qui dépeuple l’Eglise a deux causes. Une cause universelle qui tient à la mort de la métaphysique. Nos contemporains sont de plus en plus nombreux à refuser de croire en Dieu et cette perte de foi affecte toutes les grandes religions, l’Islam et l’Hindouisme comme la Catholique. Seul, le Bouddhisme se maintient parce qu’il est compatible avec l’Athéisme. Mais, l’Eglise Romaine connaît aussi une crise spécifique : de nombreux apostats lui adressent le reproche que JESUS adressait déjà au Judaïsme de son temps et qui s’appelle « hypocrisie ».
JESUS est l’incarnation de la non violence absolue. Lorsqu’il conseille à l’homme qui reçoit une gifle de tendre l’autre joue, on est en droit de se demander s’il accepte l’excuse de légitime défense. Or, l’histoire de l’Eglise est jalonnée de violences graves et, de façon constante, par l’intolérance.
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En 325, dans sa somptueuse résidence de NICEE, l’Empereur CONSTANTIN accueille avec faste les évêques chrétiens dont beaucoup sortent de prison. Il accorde à l’Eglise persécutée sa protection en échange du dévouement à sa personne et à sa politique. Du jour au lendemain, l’Eglise persécutée devient intolérante.
Cette intolérance se manifeste sous le règne de THEODOSE qui, en 380, fait du Christianisme la religion de l’Etat, alors que les paysans (pagani) sont encore majoritairement attachés au polythéisme traditionnel. En 384, l’Empereur VALENTINIEN II prend une mesure particulièrement intolérante : il ordonne la destruction de tous les objets du culte des idoles. Les païens qui sont encore nombreux sont atterrés et le Préfet de ROME, SYMMAQUE, adresse à l’Empereur une supplique pour obtenir l’autorisation de conserver dans l’enceinte du Sénat, la « Victoria », la pierre d’autel dédiée à la déesse de la Victoire et sur laquelle on immolait un animal à chaque victoire des légions. La Victoria était le symbole le plus prestigieux de la gloire passée de ROME.
L’empereur rejeta pourtant la supplique sur les conseils d’AMBROISE, Evêque de MILAN et cousin de SYMMAQUE. AMBROISE représenta seulement à l’Empereur Chrétien que la déesse de la Victoire avait été imaginée jadis par la cervelle échauffée d’un poète, mais qu’elle n’avait jamais eu d’existence réelle. Perpétuer son culte revenait à perpétuer un mensonge dans l’esprit du peuple ce qui était un grave péché contre le Dieu unique.
La supplique de SYMMAQUE a été conservée, en voici un extrait : « C’est la même chose que tous vénèrent, la même chose que nous pensons, ce sont les mêmes étoiles que nous voyons, le même ciel nous surplombe, le même monde nous englobe : qu’importe la forme d’intelligence avec laquelle l’individu recherche la vérité, on ne peut parvenir à un si grand mystère par une seule voie ».
SYMMAQUE plaide pour la liberté religieuse en alléguant le fait que chaque religion détient une part de vérité. AMBROISE répond que seul le Christianisme détient toute la vérité : toutes les autres religions ne sont que mensonges et en célébrer les rites est un péché.
Cette intolérance est inévitable pour celui - individu ou organisme - qui revendique le monopole absolu de la Vérité. C’est manifestement le cas de l’Eglise Catholique en FRANCE qui détenait un véritable monopole. Une juridiction civile en 1786 a condamné à mort un enfant de dix-sept ans qui avait refusé de se découvrir au passage d’une procession ! Les intégristes justifient l’intolérance par une parole du Seigneur : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, celui qui n’amasse pas avec moi, disperse » (Luc 11.23). Cette parole est troublante, mais on peut lui opposer une autre parole trouvée dans l’Evangile. A l’Apôtre JEAN qui se plaint du fait qu’un inconnu chasse les démons au nom de JESUS, celui-ci répond : « Ne l’empêchez pas car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, dire du mal de moi, celui qui n’est pas contre nous est pour nous » (Marc 9.38). On peut surtout objecter que l’intolérance conduit inexorablement à la violence dont JESUS est l’ennemi irréductible.
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La crise actuelle de l’Eglise a eu pour détonateur une erreur politique de PIE XII qui en a commis d’autres. A la fin de la guerre, les nations groupées dans la Nouvelle Organisation des Nations Unies, indignées par la révélation de la SHOAH, ont décidé à l’unanimité de flétrir le génocide. En sa qualité de chef d’un Etat Souverain, le Pape fut invité à signer un texte qui flétrit le peuple allemand. Il refusa simplement parce qu’il avait pitié des Allemands ruinés et occupés par des armées ennemies, mais ce refus a été interprété comme un acte de solidarité du VATICAN envers les Nazis et l’Etat Pontifical devint le troisième vaincu de la guerre mondiale avec l’ALLEMAGNE et le JAPON.
L’horreur soulevée par le refus du Pape de condamner les Allemands a littéralement dévasté la population des fidèles et rendu des milliers de clercs à l’état laïc. Le Pape JEAN XXIII jugea qu’un concile était nécessaire pour éviter le naufrage de la barque de PIERRE. Le Concile VATICAN II a accompli une œuvre immense et pris une décision qui bouleversa l’Etat le plus conservateur du monde en se ralliant à la liberté religieuse telle que le demandait SYMMAQUE.
Voici le texte du Concile.
« Le Concile VATICAN II déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse. Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être soustraits à toute contrainte de la part soit des individus, soit des groupes sociaux et de quelque pouvoir que ce soit, de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience en privé, comme en public, seul ou avec d’autres. Il déclare, en outre, que le droit à la liberté religieuse à son fondement dans la dignité même de la personne humaine telle que l’a fait paraître la Parole de Dieu et la Raison humaine ».
Cette déclaration a été publiée sous la signature de PAUL VI en 1965. Elle a le caractère d’une Loi Canonique irrévocable. Elle a la particularité d’être motivée comme si le Concile avait voulu par delà les siècles réfuter l’argument d’AMBROISE en disant que le droit à la liberté religieuse passe avant la Vérité. L’homme a, en quelque sorte, le droit de choisir l’erreur et de se détourner de la Vérité.
Il est stupéfiant que la déclaration du Concile n’ait pas fait l’objet de débats passionnés, cela en dit long sur la perte d’influence du Catholicisme en FRANCE. Seuls les intégristes ont compris que l’Eglise révoquait des siècles d’intolérance pour se rallier à la laïcité et les fidèles par définition plus papistes que le Pape, ont créé en SUISSE, à ECONE, une église schismatique.
Cela n’avait pas été prévu et ne pouvait être accepté par les vainqueurs du Concile, le Cardinal polonais WOJTYLA et l’Abbé allemand RATZINGER. Devenu pape sous le nom de JEAN PAUL II, le Cardinal mit un frein à l’application des réformes décidées par le Concile, devenu cardinal l’abbé n’a pas caché qu’il n’était pas partisan du ralliement à la laïcité et a même entrepris d’enterrer cette réforme.
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Dans son discours prononcé en 2000 devant la Sorbonne de PARIS, sur la Vérité du Christianisme, le Cardinal détaille longuement l’histoire de la supplique de SYMMAQUE. Il ne dit pas formellement qu’il penche pour SYMMAQUE ou pour AMBROISE, mais il est clair qu’il approuve le second. Il remarque que l’argument des rationalistes contemporains pour justifier la laïcité est celui la même qu’invoque le Préfet de ROME, mais il se garde bien d’ajouter que l’Eglise post-conciliaire aurait, sans hésiter, conseillé à l’empereur de faire droit à la supplique. Le Cardinal pense que la VERITE l’emporte sur la LIBERTE mais, comme le disait PILATE, qu’est-ce que la Vérité ?
Pour l’Eglise, le Pape JEAN PAUL II a répondu par l’encyclique FIDES ET RATIO publiée en 1998 dont voici un extrait :
« Est-il possible d’atteindre une vérité universelle et absolue ? En soi, toute vérité même partielle, si elle est vraiment une vérité, se présente comme universelle. Ce qui est vrai doit être vrai pour tous et pour toujours. En plus de cette universalité cependant l’homme cherche un absolu qui soit capable de donner réponse et sens à toute sa recherche ; quelque chose d’ultime qui se place comme fondement de toute chose. En d’autres termes, il cherche une explication définitive, une valeur suprême au-delà de laquelle il n’y a et ne peut avoir de question ou de renvoi ultérieur. Les hypothèses peuvent fasciner, mais elles ne satisfont pas. Pour tous, vient le moment où, qu’on le veuille ou non, il faut ancrer son existence à une vérité reconnue comme définitive, qui donne une certitude qui ne soit plus soumise au doute ».
L’encyclique FIDES ET RATIO est le testament spirituel d’un Pape dont l’action a permis à la POLOGNE de recouvrer l’indépendance sans effusion de sang. C’est un document émouvant et même pathétique dans la mesure où, destiné aux scientifiques et aux philosophes, il fut accueilli dans un silence embarrassé. Les destinataires, même ceux qui étaient catholiques, n’ont pas osé dire au vieil homme qui leur ouvrait son cœur que l’idée qu’il se fait de la Vérité est obsolète.
La science contemporaine est dominée par le principe d’incertitude d’HEISENBERG. L’homme du vingt-et-unième siècle sait avec certitude que jamais il ne connaîtra la réalité de la nature. Il n’est capable que d’approximation, il n’a accès qu’à des vérités relatives qui ne sont vraies que dans leur ordre, vérité scientifique, vérité mathématique, vérité religieuse.
La vérité religieuse aussi est relative. La Résurrection est un miracle invisible. PIERRE qui est un témoin irrécusable déclare « Dieu l’a ressuscité le troisième jour et lui a donné de se montrer, non pas à tout le peuple, mais aux témoins qu’il avait choisi … » (Actes 10.40). La Résurrection n’a donc de réalité que pour des témoins prédestinés et pour ceux qui reçoivent la Grâce de la Foi ; c’est une vérité relative. La vérité absolue et universelle n’est qu’en Dieu (s’il existe) et, dans ce cas, nous ne la connaîtrons qu’après notre mort.
Ce caractère relatif de la vérité religieuse incline à faire droit à la supplique de SYMMAQUE et justifie la déclaration du Concile car il implique que l’Eglise pas plus que personne sur la terre n’a le monopole de la vérité. Il justifie la tolérance de l’Etat et de l’Eglise envers les religions non chrétiennes.
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Pourtant le Pape BENOIT XVI a entrepris d’abroger une loi canonique malgré le principe d’infaillibilité qui interdit précisément toute abrogation de ces lois.
Le 21 Septembre 2000, le théâtre Quirino à ROME a accueilli un débat singulier. Le Cardinal RATZINGER et le professeur FLORES D’ARCAIS s’affrontaient sur la question « Est-ce que Dieu existe ? ».
Après avoir affirmé qu’il ne croyait ni en l’existence de Dieu ni en l’immortalité de l’âme ; que, pour lui, tout se jouait dans cette vie, le professeur déclara qu’il était acquis aux valeurs chrétiennes, spécialement à l’adage « Que ton oui soit oui, que ton non soit non » et au principe de la priorité accordée aux pauvres. Il pouvait donc collaborer avec les Catholiques à la réalisation du royaume sur cette terre, à la condition d’avoir l’assurance que l’Eglise sera tolérante, ce qui serait sûrement le cas si elle professait avec SAINT PAUL que la Foi est complètement étrangère à la raison. Le Cardinal répliqua que la collaboration du professeur et de ses amis avec l’Eglise était certainement possible mais que celle-ci ne pouvait dire que la Foi était étrangère à la raison parce qu’elle pense au contraire que la raison et la Foi sont indissociables, que le Christianisme est même l’achèvement de la philosophie.
Ce qui frappe d’abord dans cette discussion, c’est son caractère d’irréalité. L’Eglise, qui a proclamé son attachement à la liberté religieuse, ne peut être soupçonnée d’intolérance. Le professeur et le Cardinal ont choisi de parler comme si la Déclaration du Concile n’existait pas. C’est une façon d’enterrer la liberté religieuse ; lorsque la tombe sera comblée, les intégristes reviendront à ROME. Le moyen n’est pas très élégant, mais il n’en existe pas d’autres, une Loi Canonique, ne peut être abrogée que par désuétude, par oubli !
Le débat conserve une grande importance si l’on considère qu’en réalité, face au Cardinal qui représente l’Eglise Universelle, le professeur est le représentant d’une catégorie sociale majoritaire dans les anciens pays chrétiens, et minoritaire mais présente partout ailleurs dans le monde. Il s’agit d’une catégorie toute neuve, celle des athées chrétiens.
Au temps déjà lointain de la PERESTROIKA, un journal russe déplorait la perte d’influence de la religion orthodoxe persécutée par le gouvernement soviétique. L’article se terminait ainsi : « En ce qui me concerne, je suis, malheureusement, athée ». L’expression eut un succès immense chez ceux, innombrables, qui ont cessé de croire au surnaturel mais qui ont conservé la morale chrétienne de leurs aïeux. Ils s’intitulent eux-mêmes « athées chrétiens » et leur nombre doit recouper celui des partisans de l’application des Droits de l’Homme. Les athées purs et durs font volontiers remarquer que les athées chrétiens ne sont plus des athées s’ils sont déjà à demi-chrétiens : l’insistance avec laquelle le professeur d’ARCAIS demande à se mettre au service de l’Eglise en est un sur indice et le Cardinal RATZINGER a eu bien tort de rejeter la main tendue en invoquant la vérité - toute relative - de sa religion.
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Il devrait réfléchir sur le fait que le destin de l’Eglise va de pair avec une propagation universelle du Christianisme sécularisé des athées Chrétiens. René GIRARD décrit ce phénomène dans les termes suivants :
« L’influence complexe du Christianisme se répand sous la forme d’un savoir inconnu des sociétés préchrétiennes et qui ne cesse de s’approfondir. C’est le savoir dont PAUL dit qu’il vient de la Croix et il n’a rien d’ésotérique. Pour l’appréhender, il suffit de constater que nous observons tous et que nous comprenons des situations d’oppression et de persécution que les sociétés antérieures à la nôtre ne repéraient pas ou tenaient pour inévitables ».
Les dizaines de millions d’athées chrétiens témoignent de cette propagation du Christianisme. Je suis convaincu que s’ils pratiquent les valeurs chrétiennes, c’est parce qu’ils éprouvent un besoin de transcendance. Je suis moi-même d’avis qu’une existence n’est pas réellement humaine si elle n’a pas de références à des valeurs qui la transcendent.
Selon que l’Eglise trouvera ou non un compromis avec les athées chrétiens, le Christianisme aura charge de conquérir l’Humanité ou sera définitivement réduit à la condition de secte.
Il ne faut pas oublier que SAINT PAUL a inventé la Démocratie Universelle par la phrase suivante :
« Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme car tous vous ne faites qu’un dans le Christ JESUS ».
L’égalité démocratique de toutes les créatures humaines est la conséquence nécessaire de l’unicité de Dieu. La Démocratie est donc une valeur chrétienne. L’Eglise devrait s’inspirer de l’exemple de la synagogue. Le Judaïsme antique s’ouvrait aux incirconcis intéressés par l’Ancien Testament. Pourquoi l’Eglise ne s’ouvrirait-elle pas aux athées désireux de vivre sous le signe de l’amour du prochain ? Si l’argument de SYMMAQUE est encore invoqué de nos jours, c’est parce qu’il n’a jamais été victorieusement réfuté. C’est parce qu’elle affirme détenir le monopole de la Vérité absolue que l’Eglise demeure intolérante et essaie d’effacer la déclaration du Concile.
Septembre 2008
16h00: A son réveil, maman a le geste d'attraper quelque chose alors qu'il n'y a rien. Je lui demande ce qu'elle veut attraper: « Le papier rose. » Elle me répond. On part en balade, et à l'arret vers les chevaux, elle fait pareil dans le vent: « Ils sont envollés, mes papiers? » Je lui dis que de taper à la machine c'est dans les rêves, elle répond non assez fermement. Un peu plus tard, elle dit: « C'est pas grave. » Au retour elle a soif. Je tente de l'eau de perrier à la cuiller à café, fausse route direct. J'obvie sur la purée de fruit qu'elle trouve toujours « délicieuse » ensuite, elle va s'allonger.