lundi 29 septembre 2008

SAMEDI SOIR. Maman a dîné au lit, elle est très endormie mais j’ai compris ce qu’elle m’a répété : « Quand est-ce que ça va finir ? ». Je ne suis pas partie pour remonter le moral des usagers du blog, je n’ai pas la grâce de François, qui arrive à nous faire sourire ou même rigoler avec des choses pas gaies dans le principe….

Au cinéma ce soir, vu « La faille », un super bon film haletant avec cet excellent Antony Hopkins, l’anthropophage du « Silence des agneaux », il est remarquable en personnage diabolique. Je l’ai vu sans Papa, qui va se coucher trop tôt, et en VO.

DIMANCHE MATIN. Toujours un soleil remarquable, ainsi que le froid. Cette fois-ci, ravissante apparition de Marion et Olivia, j’ai pensé à mon petit frère et je les ai prises en photo. Je ne sais pas laquelle a les plus jolis yeux, Olivia les a vert spectaculaire et un sourire de pin-up de la télé, un sourire « people », mais, elle, ce sont ses vraies dents !

Papa m’a proposé la messe pendant que Maman se rendort au lit, j’accepte pour la balade à vélo, elle a été plus longue que prévu, mais fort agréable : d’abord, l’église de la Résurrection à Presles, puis, comme Papa s’était trompé de lieu, il a fallu pédaler jusqu’à l’église de Courmelles, où se déroulait une première communion pour des enfants de l’âge de Cléa. Charmante cérémonie, aucun enfant n’était habillé autrement qu’à l’ordinaire, il y eut quelques photos, mais très discrètement et le prêtre africain qui menait tout ça sans prononcer les « R » mettait beaucoup de gaieté. (Vous l’aurez compris, Papa a fait le tour en automobile et moi à vélo)

Ensuite, on a déjeuné avec Maman. Le déjeuner, c’est toujours Papa qui me parle ou le contraire, Maman semble ailleurs, surtout qu’elle a les yeux fermés. Mais quand on lui demande si elle veut ceci ou cela, elle répond clairement de la tête. Je continue de lui parler, je ne sais pas si elle fait toujours l’effort d’écouter, mais je sais qu’elle entend et comprend. C’est devenu plus difficile de la faire sourire.

LE SOIR. Pendant la sieste de Maman, vu le temps exceptionnel, je propose que Papa m’emmène voir les « fantômes de Landovski » vers Oulchy-le-Château, monument commémoratif de 14-18 que je n’ai vu qu’en photo. On se perd un peu, Papa a la vue qui baisse mais pas moyen de me laisser lire la carte, il doit penser que c’est un art masculin. Enfin, on arrive, c’est tout à fait impressionnant, de loin comme de près. Malgré une lumière peu favorable, puisque le soleil se trouvait derrière les fantômes et non derrière moi, j’ai fait des chouettes photos Comme pour la messe, on ne s’attarde pas. Papa est persuadé que Maman va partir d’un moment à l’autre. Il est content, une fois rentré, pendant que Maman profite du soleil sous l’arbre le plus proche : il est content d’y être allé et d’avoir vu quelque chose de superbe et de me l’avoir fait découvrir.

Revisite des charmantes de ce matin. On parle de François, de Sète, elles ne savaient pas que ça se trouve est dans le sud. Pendant la toilette, Maman a eu un fou-rire, parce qu’elle a donné une claque, involontaire, faut-il le préciser, à Olivia.

Par contre, dîner au lit, et elle n’accepte que des choses sucrées. J’ai fait une charlotte aux pommes avec crème anglaise qui passe très bien.

Au moment du dîner, François appelle, puis rappelle plus tard, mais on se marre devant un film français avec Michel Blanc, ça commence très bien et ça devient guimauve, mais du coup j’ai loupé une conversation avec François, qui, elle, aurait peut-être été réconfortante.

LUNDI , 29 SEPT. J’attends le train de 16h.49, je suis en avance avec mon PC sur les genoux. Un jeune type, assis à côté avec sa musique dans les oreilles, coupe le son le temps de me dire que c’est imprudent de sortir le PC dans une gare. Je remarque qu’il n’y a que nous deux sur le quai, et que lui n’a pas l’air d’un voyou. Je me dépêche de donner de mes nouvelles parce qu’à Paris, avec l’anniversaire de Matteo, je vais être pressée, je n’ai pas le cadeau, j’ai des coups de fil à donner etc.

Maman est restée dans son lit, réveillée mais trop fatiguée pour vouloir le fauteuil, je lui ai dit au revoir, et je ne suis pas sûre du tout du revoir. Mme Legrand nous a dit ce matin qu’en plus du reste, Maman avait une embolie pulmonaire, elle reçoit des piqûres d’un anticoagulant pour dissoudre le caillot qui bouche son artère pulmonaire.

Après le déjeuner, on a parlé avec François, il sera à Vauxbuin Vendredi. Il n’avait pas l’air d’avoir le moral, lui non plus. Je suis contente qu’il attende de mettre mon journal sur son blog, mais ce que j’ai à raconter ne doit pas l’aider à « décompresser », ça non.

J’oubliais de dire que Thomas avait appelé de Corée, et j’étais trop troublée pour lui parler ou même lui demander ce qu’il voulait me dire, mais je sais qu’il viendra à la mi-Octobre, c’est une bonne nouvelle.

Voila, le train est parti sans que je me fasse dépouiller, j’ai passé le flambeau ( ?) à Thierry, lui laissant de la soupe pour Maman et de la compote des pommes du jardin, et je vais retrouver quelques jours, si Dieu le veut, mon mari méditerranéen.

dimanche 28 septembre 2008

VENDREDI SOIR. Maman est arrivée en ambulance au milieu de l’après-midi, complètement épuisée, au point qu’elle ne pouvait manifester son contentement de rentrer chez elle. Elle a eu un geste d’impatience quand Papa lui a demandé, trop fort, si elle était contente. Je la vois maintenant comme une agonisante à qui il faut parler tout doucement, à qui il faut prendre la main, la tenir, et c’est tout. Je n’arrive plus à parler de choses et d’autres, comme j’ai toujours fait, elle commence à ne plus vouloir faire semblant de s’intéresser à ce qui arrive, ici ou là. Quand même, parfois, je lui tire un sourire en parlant des bébés qu’on a envie de « manger »…

On a eu rapidement la visite de l’HAD. J’avais bêtement laissé Papa aller chez son pharmacien, il a besoin de se sentir utile, et il avait oublié la moitié des médicaments. J’y suis retournée, on aura tout demain. Pour les pilules quotidiennes, peu de changement et tout est complet.

Madame Da Maïa a accompagné son gamin, venu prendre des conseils en philo.

Maman mange au lit. Pas beaucoup. Elle a surtout soif.

Nous deux Papa, après le massage, on se rend chez les Renault, qui nous reçoivent très très bien, et c’est une soirée agréable, Papa m’est reconnaissant de ne pas avoir décommandé du fait du retour de Maman, il n’aurait pas osé la laisser seule. On la retrouve endormie. La nuit, je vais la voir à 3 h., elle me parle un peu mais je n’ai rien pu comprendre, alors j’ai imaginé et répondu à des questions imaginaires. Je suis restée un peu, elle s’est rendormie et je me suis recouchée en larmes. Je pense qu’elle est en train de partir et qu’il n’y aura sans doute plus ces moments magiques que François sait raconter…

SAMEDI 27 SEPT. Très beau soleil. Jus de fruit. L’HAD est une petite blonde toute seule, à qui je propose mon aide et c’est pas de refus.

Maman veut petit-déjeuner à table, c’est très long mais ça passe. Elle est toujours aussi faible.

Le repas de midi trente à table aussi. Après une balade à vélo, je reviens à la maison, on lève Maman, elle apprécie l’air de dehors, les arbres, mais je ne sais pas ce qu’elle dit…

Bon, là je viens de donner à mon frère son week-end, la famille australienne est une dévoreuse de temps, je pense que c’est du « bon temps ». J’espère.

Je reviens Lundi à Paris. En principe…

vendredi 26 septembre 2008

MERCREDI 24 SEPT. Pour les accros du blog de François, je vais essayer d’assurer une certaine continuité, comme on fait auprès de Maman, mais je n’ai pas son style, va falloir quand même patienter, il prend son repos du guerrier à Sète, en réalité à deux, eh oui, on ne peut s’empêcher d’imiter le maître, n’empêche, ça pue l’imitation, faut que je m’efforce de rester moi-même…

Je suis arrivée hier matin, j’ai fait la route exceptionnellement en voiture, mais on se serait cru dans un wagon de seconde des vieux Corail, section « fumeurs », c’était moyen, j’ai conduit la fenêtre ouverte. François était sur le pied de guerre, il a quand même raté un train pour me dire deux trois choses, et en vélo, le cow-boy solitaire est reparti vers de nouvelles aventures…

Maman, donc, est à l’hôpital, chambre à deux mais ce n’est pas significatif, vu que chacune des alitées ne sait pas l’existence de l’autre. Maman est bavarde, lors de ma première visite, mais je ne comprends pas tout de suite ce qu’elle me dit ; je compare la situation à celle où j’étais avec Arthur, quand il a commencé à parler. Je comprends si je connais le contexte, et que dalle si la parole m’est adressée hors contexte, spontanément (c’est justement ces mots-là qu’on voudrait entendre).Enfin, j’ai compris : « Je ne m’ennuie pas, je ne m’ennuie jamais. » Et aussi, quand j’ai cru comprendre qu’elle demandait ce qu’était le hasard, et répondu quelque chose, elle a dit avec un beau sourire que c’était bien formulé, et je voyais ce regard sur moi, admiratif, eh oui, gratifiant, où je la retrouve toute entière. Quand je pense que ça fait 68 ans qu’elle regarde Papa de cette manière et qu’il est mélancolique quand même… Papa a promené le chien, il est revenu me chercher, j’ai fait une sieste et je suis retournée à l’hosto, bon, c’est sans intérêt, sauf que j’ai pu discuter avec la fille de l’autre dame qui partage l’espace, une dame édentée de 97 ans, pas bruyante. La fille, dans les 70 piges, est folklo, de longs cheveux blancs et bouclés à la BB, Brigitteu Bardot-Bardot, pour ceux qui seraient nés trop tard pour avoir vécu ce « mythe », et une robe sexy très courte sur des bottines de jeunette, mais un air très digne quand elle donne le potage à sa maman, et dans sa conversation, pas la moindre trace de perversion, que du bon sens et de la discrétion. On se dit « adieu », je ne pense pas qu’on sera amenées à se revoir, Maman sort demain.

Hélas, bien que ce matin, on nous ait confirmé une sortie à 14H, c’est contredit par un autre coup de fil de l’hôpital, et on nous dit que Mme Legrand, chef de service, nous recevra à 16H.

LE SOIR. A midi, j’avais invité les Renault, pour distraire Papa, on a bien déjeuné et ils sont partis en nous promettant de nous rendre notre invitation. Quand on est arrivé à l’hôpital, Maman était très réveillée, elle pestait contre son sort, à sa manière (non geignarde) et disait que l’hôpital, c’était comme une prison. Elle a dit aussi qu’elle n’était pas malade, qu’elle n’avait pas mal aux jambes, et puis aussi, elle a parlé de son travail, elle disait qu’elle ne le faisait pas bien. J’ai protesté en lui demandant si elle se souvenait de tous ses travaux d’aiguille, les tapisseries, les tricots, elle a souri quand je lui ai dit que ses brassières étaient tellement solides et jolies que les mères se les refilaient à chaque naissance. Elle a beaucoup regardé Papa, qui lui caressait la main et les cheveux. J’ai fait le massage à la main droite, assez enflée.

Madame Legrand est très ponctuelle, très responsable et nous avons d’emblée confiance en elle. Elle a compris notre but, elle a rencontré mes frères, elle est consciente de notre hâte à reprendre Maman à la maison. Mais ce n’est pas possible : la radio du ventre a montré un colon très distendu, et on a fait le scanner le matin même. Il y aurait finalement un risque sérieux de péritonite, et si on la ramenait à la maison pour devoir à nouveau l’hospitaliser, avec l’intestin perforé, notre projet de lui rendre la mort douce serait définitivement à l’eau.

En bref, elle dit qu’ils ne feront rien sans l’accord de la famille, mais quel choix on a ? Le plus clair dans cette affaire, c’est qu’elle reste à l’hôpital et qu’on est condamné à attendre qu’un spécialiste vienne examiner son cas et propose une solution…palliative.

C’est hyper dur de laisser Maman le soir, bien réveillée, désirant sortir le plus tôt possible, avec la certitude qu’il y en a encore pour un moment.

Je profite de ce que Papa se couche de bonne heure pour voir des films. Il y a Canal plus, ciné-émotion, ciné-star, etc. c’est chouette.

JEUDI 25 . Finalement, à part le froid matinal, il fait très beau. Madame Da Maïa est venue ce matin, elle me dit que son gamin a besoin de moi pour sa dissert de philo, et quand elle part, je m’aperçois qu’elle a refilé au chien les restes du gigot sur lesquels je comptais pour le déjeuner, sauf l’os, qui justement lui était destiné. Je râle, mais Papa en a marre qu’on débine sa femme de charge, et je promets de ne pas me fâcher, ce dont je n’aurais pas eu la moindre envie, face à elle. Elle manque de discrétion mais elle est parfaite avec Papa.

Papa m’a confié qu’il appréciait ma présence « féminine », mais ça ne veut pas dire non plus qu’il était mal avec François. Il m’a également confié qu’il avait cru que François le haïssait, s’était rendu compte que non et que ça lui avait fait du bien. Hier, j’ai eu un « échange », comme il dit, avec Thierry au sujet de Papa. D’où il ressort que nous sommes parfaitement d’accord sur le fait que Papa aurait intérêt à faire un essai, au sens de Montaigne, une expérience de vie en maison de retraite. En effet, il se plaint de sa faiblesse, mais il se plaint aussi de n’être plus maître chez lui, à quoi je rétorque qu’on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre, et qu’il y a pire que d’être envahi, c’est d’être seul. « Tiens, dit-il, je n’y avais pas pensé. » Il a été facile de trouver l’occasion d’aborder la question de la maison de retraite, il en parle beaucoup, et encore plus facile de lui faire approuver l’idée de l’essai. Si maman n’était pas à l’hôpital, il aurait été s’inscrire demain !! Le seul problème, c’est la voiture, il veut pouvoir s’en aller de la maison de retraite où il veut entrer, normal, nous on peut circuler à vélo ou s’arranger avec Da Maïa qui est motorisée, mais je ne voudrais pas qu’il s’invite à déjeuner ici pour ensuite retourner faire sa sieste aux Gloriettes, ce ne serait pas fair-play.

A l’hosto, cet après midi, où je me rends à vélo, c’est la douche écossaise. D’abord, Maman dort, refuse de se réveiller, ensuite, on me dit que la sortie n’est pas prévue, vu qu’on attend la venue d’un spécialiste, je caresse les cheveux de Maman et repars au moment où Papa arrive. Le fils Da Maïa vient peaufiner sa dissertation, et, miracle, Papa reçoit un appel de Legrand, qui annonce que Maman n’a pas de tumeur à l’intestin et qu’elle sort demain.

Du coup, bien que Maman ne veuille pas émerger et mange son repas les yeux fermés, ma deuxième visite est moins triste que la précédente, c’est la dernière. Et aujourd’hui, jour des vrais adieux, la fille de la voisine de Maman avait ses cheveux en chignon et ils ne sont pas jaunes, mais blancs !! Il n’y a pas que Maman qui a des hallucinations.

Quand j’aurai dit que le pique-fleurs est garni de fleurs ravissantes cueillies pendant la balade à vélo, que l’orchidée de Sophie et celle de Janine rivalisent de beauté et que l’arbuste de Pascale est toujours d’un rouge ardent, j’aurai tout dit de ce qui est « important ». Comme dirait Gilbert Bécaud,( « C’est la ro-ose, crois-moi ») Encore une référence qui date.

VENDREDI 26 SEPT. Un soleil magnifique, les petits zoiseaux chantent. Papa m’a donné son texte, hélas ce n’est pas une réponse à celui de Félix, il continue de ne pas parler de lui, de la famille d’où il vient, de ses « racines », à quoi on s’attache si fort aujourd’hui, mais je trouve ces quelques pages remarquables de clarté, de concision, de rigueur intellectuelle. Notre père à nous, qui n’est pas aux cieux mais qui y aspire si fort, qui n’est ni philosophe ni théologien mais qui côtoie depuis des années leurs pensées difficiles, n’a pas que des « faiblesses », ses jambes sont en coton, mais pas son cerveau.

lundi 22 septembre 2008

20h00: Diner et puis Thierry file à Paris avec l'auto chargée de bibelots des mille et unes nuits pour caravansérailliser son aparte pour la venue de Delphine. L'auto devrait revenir avec Christine demain matin. Voilà.


12h30: Déjeuner. Saumon sauce à l'oseille, patates. Je pars à une heure. Toujours à butiner, ces vaches. Jamais elles lutinent? Maman a bien meilleur aspect. Elle regarde, mais elle est très muette. Elle entend, comprend. Elle boit avec un verre à tétine de là-bas. Ca se passe surprenament bien. Après, c'est des atermoiements sans fin pour les informations. Thierry arrive vers 15h et des brouettes, papa juste après. On continue en équipe notre vertigineuse quète de quelqu'un qui puisse enfin nous dire quelque chose. Papa repart faire les courses. Thierry entame un travail de sape par un autre service et disparait. Pendant ce temps maman part pour une radio du ventre. Elle revient assez rapidement puis on m'annonce que les résultats sont arrivés, qu'on attend plus que le médecin. Ca pour l'attendre on l'attend. Thierry travaille l'infirmière qui donne bien l'impression de nous mener en bateau. Ca finit qu'il arrive à voir sa médecin chef qui a l'air d'avoir beaucoup de travail mais nous accorde une entrevue bien approfondie. En gros, ils gardent maman jusqu'à mercredi, pour lui faire un lavement par sonde et peut-être un scanner.


88h88: Y'a pus d'heure, on s'en tape... Papa a peu dormi, moi non plus, mais ça m'a pas géné, j'ai fait du dinateur, bouquiné etc. Trop j'en ai marre, je décompresse en rangeant tout pour partir dans la minute si il se trouve que ça se peut. Evidemment, il y a une grève SNCF, avec mon diplôme de karmacien, j'aurais pu vous le prédire, mais trop c'est fastoche. J'ai mis à mon vélo un rétro que j'ai eu à pas cher... Ca se voit. C'est pas que j'aie un torticolis, c'est pour surveiller ma meuf en tandem. Je suis sur qu'elle me tire la langue des fois. Bon, et puis aussi pour la voir sourire, si elle sait encore... Depuis cinq ans qu'on s'est pas vus, elle a du changer... Oui, ça fait à peu près ça, cinq ans... Ca file vite, oui, t'as qu'à croire... Elle a du grandir... Je vais peut-être pouvoir me la taper... A-t-on idée, de se marier si jeune... Hum hum... Où en étions nous? Reprenons. Ici, c'est clair, je veux manger le chien. Je demande à Mme DM de me la raser puis barder à la ficelle, pas qu'elle bouge dans le four. Papa en conclut que je devrais aller au psy et ça tombe bien, j'y vais. Je fais deux fois le tour de la maison en coursant cette Tilou de malheur qui semble enchantée d'apprendre qu'elle court plus vite que moi. Au retour, papa a mis la table, y'a des fraises que j'aime tant mixer pour maman, je me retrouve comme l'autre couillon de nauffragé l'os de son chien à la main, « Pauvre médor, qu'aimait tant les os. » De l'hosto, au téléphone on nous dit qu'elle dort toujours, qu'elle est toujours à jeun pour le scanner. Ca je le dis pas à papa.

dimanche 21 septembre 2008

15h00: Voyage en vélo vers l'hosto. Il fait beau, le ciel est bleu, les vaches butinent, ma solderie préférée est ouverte, mais même pas j'y vais. A l'hosto c'est plus la même chanson. Bon, poireautage, voilà la principale mamelle de l'endroit, il semble. Adèle passe et reste un bon moment, papa passe aussi plus vite fait. Maman prend des expressions douloureuses et j'apprend à l'occasion qu'elle est sous paracétamol pour la douleur. Ils veulent pas lui donner son neurotin parce que personne de l'hopital a encore prescrit et qu'elle est trop schlass pour l'avaller. Je le lui fais prendre vers 17h, elle en a donc pas eu à midi. J'espère que ça l'aidera pour la nuit. J'avais amené son pilulier et avais demandé si ça pouvait leur servir, on m'avait répondu qu'ils avaient tous les médicaments prescrits en stock, le résultat des courses, c'est qu'ils lui filent que dalle.

07h40: Arrivée des infirmières. Maman est très réveillée, elle a balancé son polochon babord par dessus bord, elle saigne de sa plaie à la tempe et a visiblement eu des insomnies. Papa l'a entendue parler et tout d'abord je lui reproche de pas m'avoir alerté mais effectivement il croyait qu'avec l'écoute bébé j'entendais comme lui et j'ai pas à lui coller le bébé sur le dos. Maman à part de sa nuit ne se plaint pas et tout pourrait bien reprendre son cours, mais les infirmières trouvent qu'elle a le ventre sacrément gonflé et demandent un médecin. De charade en syllabe, le dimanche y'a pas de médecin, maman part aux urgences. Je vais avec elle dans l'ambulance et papa suit avec la voiture. Là, en attendant qu'ils l'aient examinée, on se dit que c'est pas méchant et papa va à sa messe avec son copain. Pendant l'entrevue avec la médecin, je la branche sur Thierry qui est très pointu sur le dosssier médical, d'ailleurs, pendant leur conversation je me rappelle que je l'ai, le dossier médical et je le sors, magistral. La médecin craint une tumeur, dans le ventre. Ca change encore sacrément le paysage. Moi qu'était content que papa ait pas plus flippé que ça, bon, la journée semble bien barrée en ouaïe, on va voir jusqu'où ça peut aller... Bon, et ben le dernier épisode est pas mal, qu'une infirmière me conseille de suggérer à mes frères et soeurs de se rapprocher. Elle me fait même cadeau des communications. Moi, ça me semble trop tôt qu'il y a même pas de diagnostic, mais y'a pas moyen de court-circuiter une demande pareille... En plus il faut qu'il me prenne de pleurer comme un veau dans le répondeur de Christine. Plus tard la médecin me rassure plutôt que tous les controles (tension, oxygène etc.) sont plutot bons. Et puis elle est transportée en médecine 3, chambre 3049. L'ambiance y est pas très chaleureuse, ça fait pas mal mouroir. Elle est comme si elle dormait. L'infirmière en parlant fort lui fait faire oui de la tête, qu'elle entend, mais je vois pas l'intéret de la faire atterrir dans l'endroit là. Papa débarque avec Adèle, on ne traine pas beaucoup là-bas. Je rentre avec eux, bloguer, et puis je retournerai à l'hosto. Thierry arrive peut-être dans la soirée, Christine demain. N'challah.

samedi 20 septembre 2008

19h30: Nous voilà à table. Maman explore les objets de la table avec une innocence de nouveau né mais a toute sa tête. Elle a bien compris que Thierry lui avait téléphoné du mont... machin à Martel, (quand je veux savoir le nom, je demande à papa) elle me dit qu'une infirmière très gentille l'a appelée par son prénom. On parle du service de l'had, elle dit qu'elles font vraiment bien leur travail et je répète mon admiration pour l'efficacité et l'esprit, la gentillesse de toutes ces soignantes. Maman a sa soupe mixée avec de la viande. Papa nous a ramené des nems à la crevette qu'il a accepté de faire à l'huile plutot qu'au beurre, et de la salade. Je suis sur le cul, comment qu'il fait attention pour ramener des trucs qui me conviennent, c'est super parceque j'arriverais pas à lui faire de liste. Il s'adapte mieux que moi donc. A méditer. Après manger, maman décide tout d'abord de rester assise, comme je la vois sous haute tension, je pense que Mme DM fera son massage maman dans le fauteuil. Maman me dit qu'elle en a marre du massage, mais bon, je crois que ces opinions là ça va et ça vient. Cinq minutes plus tard, maman demande à aller se coucher. Mme DM arrive, voilà.


18h20: Une infirmière fait rire maman en l'appelant par son prénom. Elles couvrent maman en disant qu'elle a froid et je dois laver le hamac qui est trempé. Du coup je pense faire manger au lit. Je lui parle de la chose, sa réponse est catégorique, elle veut et elle va manger à table, elle mettra sa robe de chambre. Plus qu'à exécuter, le sèche-neveux qu'on a retrouvé séchera le hamac, voilà tout.

15h00: Maman est réveillée mais veut à tout prix « finir son travail. » Elle veut bien se lever, mais comme je parle d'une balade, « Tu t'en fous, de mon travail! » Elle me dit. J'y répond que je m'en fous pas de rien qui la touche, mais que son travail il a pas de matière pour nous, que je veux bien la recoucher si c'est là qu'elle travaille, mais ça ça colle pas non plus. On part finalement, avec papa qui peut pas aller loin parcequ'il a rendez-vous avec un copain et sa fille qui viennent pour un conseil juridique. Maman fait des grands gestes du bras comme pour attraper quelquechose. On va s'asseoir un peu sur le banc juste derrière, papa tient la main de maman, est gentil avec elle tout en déplorant un peu trop fort son état. Il rentre ensuite pour attendre son rancart et nous on va balader, mais j'écourte, vu l'état inacoutumé de maman. Je dois attacher aussi son pied gauche qui tend à tomber et quand elle ne somnole pas, elle divague. Ensuite, sur la terrasse ou à l'intérieur quand il fait plus frais, elle fourrage sans arret le coussin, sa manche ou les sangles du hamac en se faisant des films comme quoi elle travaille à quelque chose de pas évident à cerner. Je prends l'ordi et là je suis à taper à côté d'elle.

11h15: J'avais oublié dans la dernière fournée de dire qu'après l'eau gélifiée, on avait fait un essai à la paille dont il ressort que ça peut faire aussi des fausses routes, mais que maman a ingéré quand même une demi tasse grâce à ça. Elle est enchantée de sa performance et trouve que c'est un excellent compromis. La paille oui, la cuiller non! Voilà sa position actuelle. J'ai commandé la poudre à gélifier chez Bastide, ils doivent appeler quand ils la reçoivent. Aussi j'avais oublié de dire que suite à une pénurie de confiture jaune, maman a eu de la confiture aux framboises de Christine et elle est vraiment tip top. Il y a matière à une révision du procès du confisuc car je crois que c'est de cuire pas trop longtemps qui reste plus près du gout du fruit. Maintenant faut voir quesse y'a dans ce truc... Bon, à voir, revenons à nos 11h15: Lever, départ en balade. Pas de tabouret, j'ai perdu mon tabouret. Après une rapide confrontation d'une liste de suspects, je me retrouve suspect n°1. Maman est très présente. Il fait superbeau. Un moment maman croit que j'ai vu un champignon, en fait je cherchais mon tabouret, je lui explique, elle se rappelle très bien du tabouret et l'affaire l'émeut même un peu disproportionnément. Pour finir, je le retrouve dans ma tête, il a du tomber quand nous sommes allés au champ de fleurs de Christine parcequ'on avait crapahuté grave là-bas. Au retour on est quasi bons pour se mettre les pieds sous la table. Papa a ramené une entrée à base de surimi, crevettes qui sortirait assez de mon panel diététique, mais je succombe à la tentation. Ceci dit, je me sens bien mieux et je l'impute surtout à l'arret de barbaque. On a de l'avocat aussi, avec le cocktail crevettes, maman apprécie. Après je lui mouline steack et brocolis, yaourt et elle reprend de l'eau que j'ai mise dans le verre en plastique à couvercle avec la paille. L'assemblage a l'air viable mais maman est plus maladroite que d'habitude. Ca a été pareil pour manger. Elle est beaucoup plus présente et volontaire, mais moins adroite... Avec des moments d'hallucinations peut-être où elle cherche à attrapper quelque chose mais ne dit pas forcément quoi. Après le déjeuner, elle s'allonge. Je file en vélo au champ de fleurs et retrouve mon tabouret. Il a l'air très heureux de me voir, saute en tous sens et me lèche les mains, c'est un gentil tabouret.

vendredi 19 septembre 2008

07h20: Pendant la nuit j'ai juste fait quelques sondages avec le surveille bébé et là, maman est réveillée, dit qu'elle a pas dormi de la nuit et qu'elle a trouvé le temps long. Elle a l'air en forme donc je pense qu'elle a dormi quand-même. Papa n'a rien entendu. Je lui donne sa purée de fruit avec un sachet de movicol qu'a prescrit le médecin. Je dis ça pour mes succesoeurs que je dois partir à Sete du 22 sept au 03 oct, période de débloguage probable sauf publication de mails... Maman dit qu'après les médicaments, la purée de fruits c'est très bon. Ensuite les infirmières tardent et je descends l'ordinateur, on regarde des photos. Elle sait très bien les avoir déjà vues. Elle parle beaucoup mais j'en ai pas retenu grand chose. Elle a encore parlé de ce que papa serait sorti toute la nuit, mais dit ne pas l'avoir appelé, alors elle a l'air d'avoir facilement accepté l'idée qu'il était là et pouvait l'entendre si elle appelait. Les infirmières arrivent finalement vers 9h. Maman arrive à table enchantée de se lever enfin et très volontaire. Elle insiste très fort pour boire elle-même son café, après la tartine et quelques cuillerées. Le résultat étant en gros toujours le même, du franc geyser au simple étouffement, ça me lasse, d'autant qu'elle peut reconnaitre que ça marche pas pour repiquer au truc dans la minute qui suit. A un moment elle dit que c'est pas normal, que tout ça marchait très bien, qu'il y a quelqu'un de malade ici. Je lui dis « oui, et c'est qui? » Elle répond pas. Comme j'interromp le déjeuner, elle est très remontée: « Avant j'avais jamais soif, et maintenant vous m'empêchez de boire! » Alors je sors l'eau gélifiée en lui expliquant ce qu'il en est que quand ça passe mal, on s'hydrate avec ça. Elle en prend et tout en répétant que c'est pas bon, elle descend la moitié d'un pot. Je dois maintenant me renseigner sur cette poudre qui permet de gélifier soi-même l'eau, donc n'importe quel liquide, j'espère. Après le déjeuner, je m'attendais à ce qu'elle soit partante pour une balade dans laquelle j'aurais eu du mal à la suivre, et elle demande à se coucher. Massage du mollet droit et voilà.

19h30: A son lever, maman parle toujours de ses travaux de taper à la machine. Soupe yaourt. A un moment, comme je parlais d'Hitler à papa, qu'il me semblait avoir entendu qu'il était végétarien, maman demande: « Il est mort comment, Hitler? » On lui dit qu'il s'est suicidé dans son bunker avec Eva Braun. « Bonne idée. » Qu'elle fait. Elle a l'oeil gauche qui se ferme par moments et je la sens facilement partante à la rigolade. Après le yaourt, elle prends des fruits, j'alterne figue pêche, morceau par morceau, elle se rapelle mieux que moi le dernier fruit. Après le massage, elle dort, parait-il mais je ferais bien des petits tours cette nuit.

17h00: Comme annoncé, voici le texte de papa. Suivra un envoi papier pour les happy few, j'ai déjà le mien, nananère...





Franck MIGNON




















CE QUE JE CROIS



Je suis né en 1920. J’ai grandi dans l’amour de la Patrie et de l’Eglise, toutes deux menacées. Le vent de la déroute de 1940 a balayé mon patriotisme, mon attachement à l’Eglise Romaine s’est relâché en 1945, mais le Concile a resserré le lien. A l’âge de soixante-dix ans, j’ai voulu approfondir la question incontournable de l’existence de Dieu. Ce qui suit est le résultat de mes réflexions.


Commençons par la conclusion. Je suis aujourd’hui convaincu qu’un être humain ne peut acquérir de certitude sur l’existence de Dieu par le simple usage de la raison. Affirmer que Dieu existe, ou affirmer le contraire, relève du pari.


Longtemps, l’Humanité a considéré l’existence de Dieu comme évidente, à cause de la beauté et de l’ordre que nous découvrons dans l’univers, mais DEMOCRITE affirmait déjà, quatre siècles avant JESUS CHRIST, que tout ce qui existe est le fruit du hasard et de la nécessité. DEMOCRITE ne pouvait fournir la preuve de son opinion, mais la science moderne a découvert des éléments de chaos dans l’Univers. Cela ne prouve pas que le hasard a engendré l’Univers, mais rend l’affirmation vraisemblable. Dieu (s’il existe) a manifestement voulu que son existence soit entourée de mystère et il faut nous résigner à l’incertitude, mais nous pouvons toujours parier.


Je parie sur l’existence de Dieu parce que la perspective d’avoir accès à la Vie Eternelle est attrayante. C’est, peut-être, c’est probablement trop beau pour être vrai, mais une chance infime d’accéder à la vie divine ouvre un champ sans limite à l’espérance alors que la perspective du néant plonge l’âme la plus robuste dans le désespoir. Comme n’accèdent à la vie éternelle que ceux qui ont pratiqué la charité à un degré héroïque, je n’ai aucune chance de voir ma candidature retenue. Il me reste seulement à espérer que la miséricorde divine soit vraiment infinie.


Mon adhésion à la doctrine romaine qui remplit les six cent quatre-vingt et une pages du Catéchisme Conciliaire, publié par JEAN PAUL II en 1992, s’arrête là. Je rejette avec horreur l’explication sacrificielle de la Croix qui est le socle de la liturgie de la messe.


Selon le Catéchisme de 1992, JESUS est la victime librement consentante du sacrifice offert à Dieu en échange du pardon des péchés commis par les descendants de NOE. L’idée que Dieu infiniment bon ait pu tenir pour « agréable » le supplice de son fils bien-aimé est simplement grotesque.


En 1976, le Cardinal RATZINGER qui devait devenir quelque temps plus tard le Pape BENOIT XVI a publié un livre intitulé « Foi Chrétienne Hier et Aujourd’hui » dont les lignes suivantes sont extraites.


« Pour un très grand nombre de Chrétiens et surtout pour ceux qui ne connaissent la Foi que d’assez loin, la Croix se situerait à l’intérieur d’un mécanisme de droit lésé et rétabli. Ce serait la manière dont la justice de Dieu, infiniment offensée, aurait à nouveau été réconciliée par une satisfaction infinie. Certains textes de dévotion semblent suggérer que la Foi Chrétienne en la Croix se représente un Dieu dont la justice inexorable a réclamé un sacrifice humain, le sacrifice de son propre fils. Autant cette image est répandue, autant elle est fausse. La Bible ne présente pas la Croix comme faisant partie d’un mécanisme de droit lésé ».


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Le Cardinal partage mon refus, mais s’exprime avec une infinie prudence parce qu’il sait qu’il marche sur des œufs et il ne va pas jusqu’au bout car il ne dit pas la vérité lorsqu’il affirme que la Croix n’est pas représentée dans la Bible comme un mécanisme de droit lésé. Tout au contraire, les quatre Evangiles exposent la thèse sacrificielle et la liturgie de la messe est la commémoration d’un sacrifice qui se termine par un repas rituel au cours duquel les assistants mangent le corps de la victime et boivent son sang !


C’est parce que les textes sacrés sont ce qu’ils sont que le rédacteur du Catéchisme reprend la thèse sacrificielle à laquelle aucun Chrétien, et lui-même, ne croient plus.


L’idée de Providence selon laquelle Dieu est le maître de l’Histoire et se manifeste par des miracles est aussi absurde. L’accepter revient à rejeter sur Dieu la responsabilité de tout le mal qui se commet. Dieu a abandonné à l’Humanité la domination de la Nature et ne communique plus avec ses créatures que par la Grâce.


Depuis qu’il a accédé au trône de PIERRE, Josef RATZINGER reconnaît volontiers que l’Eglise, dont il est le monarque absolu, a souvent péché mais il n’entre pas dans le détail. Or, si l’Eglise connaît aujourd’hui de nombreuses apostasies, si les vocations religieuses ne permettent plus d’assurer la relève du Clergé, c’est parque ROME est accusé d’avoir trempé dans le génocide des Juifs accompli par les Allemands.


La preuve du bien fondé de cette accusation est fournie par l’Eglise de FRANCE qui a publié en 1997 une déclaration de repentance dans laquelle elle avoue textuellement que son silence durant la guerre, le fait de n’avoir pas protesté contre les violations du droit des gens commis par le gouvernement du Maréchal PETAIN, la constituait passivement complice de ces crimes.


C’est un aveu terrible, si terrible que la hiérarchie n’a pu se résoudre à s’y associer. Cependant, il est de notoriété publique que l’Eglise de FRANCE n’a fait qu’obéir au Pape de l’époque, qui s’appelait PIE XII.


La crise qui dépeuple l’Eglise a deux causes. Une cause universelle qui tient à la mort de la métaphysique. Nos contemporains sont de plus en plus nombreux à refuser de croire en Dieu et cette perte de foi affecte toutes les grandes religions, l’Islam et l’Hindouisme comme la Catholique. Seul, le Bouddhisme se maintient parce qu’il est compatible avec l’Athéisme. Mais, l’Eglise Romaine connaît aussi une crise spécifique : de nombreux apostats lui adressent le reproche que JESUS adressait déjà au Judaïsme de son temps et qui s’appelle « hypocrisie ».


JESUS est l’incarnation de la non violence absolue. Lorsqu’il conseille à l’homme qui reçoit une gifle de tendre l’autre joue, on est en droit de se demander s’il accepte l’excuse de légitime défense. Or, l’histoire de l’Eglise est jalonnée de violences graves et, de façon constante, par l’intolérance.


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En 325, dans sa somptueuse résidence de NICEE, l’Empereur CONSTANTIN accueille avec faste les évêques chrétiens dont beaucoup sortent de prison. Il accorde à l’Eglise persécutée sa protection en échange du dévouement à sa personne et à sa politique. Du jour au lendemain, l’Eglise persécutée devient intolérante.


Cette intolérance se manifeste sous le règne de THEODOSE qui, en 380, fait du Christianisme la religion de l’Etat, alors que les paysans (pagani) sont encore majoritairement attachés au polythéisme traditionnel. En 384, l’Empereur VALENTINIEN II prend une mesure particulièrement intolérante : il ordonne la destruction de tous les objets du culte des idoles. Les païens qui sont encore nombreux sont atterrés et le Préfet de ROME, SYMMAQUE, adresse à l’Empereur une supplique pour obtenir l’autorisation de conserver dans l’enceinte du Sénat, la « Victoria », la pierre d’autel dédiée à la déesse de la Victoire et sur laquelle on immolait un animal à chaque victoire des légions. La Victoria était le symbole le plus prestigieux de la gloire passée de ROME.


L’empereur rejeta pourtant la supplique sur les conseils d’AMBROISE, Evêque de MILAN et cousin de SYMMAQUE. AMBROISE représenta seulement à l’Empereur Chrétien que la déesse de la Victoire avait été imaginée jadis par la cervelle échauffée d’un poète, mais qu’elle n’avait jamais eu d’existence réelle. Perpétuer son culte revenait à perpétuer un mensonge dans l’esprit du peuple ce qui était un grave péché contre le Dieu unique.


La supplique de SYMMAQUE a été conservée, en voici un extrait : « C’est la même chose que tous vénèrent, la même chose que nous pensons, ce sont les mêmes étoiles que nous voyons, le même ciel nous surplombe, le même monde nous englobe : qu’importe la forme d’intelligence avec laquelle l’individu recherche la vérité, on ne peut parvenir à un si grand mystère par une seule voie ».


SYMMAQUE plaide pour la liberté religieuse en alléguant le fait que chaque religion détient une part de vérité. AMBROISE répond que seul le Christianisme détient toute la vérité : toutes les autres religions ne sont que mensonges et en célébrer les rites est un péché.


Cette intolérance est inévitable pour celui - individu ou organisme - qui revendique le monopole absolu de la Vérité. C’est manifestement le cas de l’Eglise Catholique en FRANCE qui détenait un véritable monopole. Une juridiction civile en 1786 a condamné à mort un enfant de dix-sept ans qui avait refusé de se découvrir au passage d’une procession ! Les intégristes justifient l’intolérance par une parole du Seigneur : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, celui qui n’amasse pas avec moi, disperse » (Luc 11.23). Cette parole est troublante, mais on peut lui opposer une autre parole trouvée dans l’Evangile. A l’Apôtre JEAN qui se plaint du fait qu’un inconnu chasse les démons au nom de JESUS, celui-ci répond : « Ne l’empêchez pas car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, dire du mal de moi, celui qui n’est pas contre nous est pour nous » (Marc 9.38). On peut surtout objecter que l’intolérance conduit inexorablement à la violence dont JESUS est l’ennemi irréductible.


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La crise actuelle de l’Eglise a eu pour détonateur une erreur politique de PIE XII qui en a commis d’autres. A la fin de la guerre, les nations groupées dans la Nouvelle Organisation des Nations Unies, indignées par la révélation de la SHOAH, ont décidé à l’unanimité de flétrir le génocide. En sa qualité de chef d’un Etat Souverain, le Pape fut invité à signer un texte qui flétrit le peuple allemand. Il refusa simplement parce qu’il avait pitié des Allemands ruinés et occupés par des armées ennemies, mais ce refus a été interprété comme un acte de solidarité du VATICAN envers les Nazis et l’Etat Pontifical devint le troisième vaincu de la guerre mondiale avec l’ALLEMAGNE et le JAPON.


L’horreur soulevée par le refus du Pape de condamner les Allemands a littéralement dévasté la population des fidèles et rendu des milliers de clercs à l’état laïc. Le Pape JEAN XXIII jugea qu’un concile était nécessaire pour éviter le naufrage de la barque de PIERRE. Le Concile VATICAN II a accompli une œuvre immense et pris une décision qui bouleversa l’Etat le plus conservateur du monde en se ralliant à la liberté religieuse telle que le demandait SYMMAQUE.


Voici le texte du Concile.


« Le Concile VATICAN II déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse. Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être soustraits à toute contrainte de la part soit des individus, soit des groupes sociaux et de quelque pouvoir que ce soit, de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience en privé, comme en public, seul ou avec d’autres. Il déclare, en outre, que le droit à la liberté religieuse à son fondement dans la dignité même de la personne humaine telle que l’a fait paraître la Parole de Dieu et la Raison humaine ».


Cette déclaration a été publiée sous la signature de PAUL VI en 1965. Elle a le caractère d’une Loi Canonique irrévocable. Elle a la particularité d’être motivée comme si le Concile avait voulu par delà les siècles réfuter l’argument d’AMBROISE en disant que le droit à la liberté religieuse passe avant la Vérité. L’homme a, en quelque sorte, le droit de choisir l’erreur et de se détourner de la Vérité.


Il est stupéfiant que la déclaration du Concile n’ait pas fait l’objet de débats passionnés, cela en dit long sur la perte d’influence du Catholicisme en FRANCE. Seuls les intégristes ont compris que l’Eglise révoquait des siècles d’intolérance pour se rallier à la laïcité et les fidèles par définition plus papistes que le Pape, ont créé en SUISSE, à ECONE, une église schismatique.


Cela n’avait pas été prévu et ne pouvait être accepté par les vainqueurs du Concile, le Cardinal polonais WOJTYLA et l’Abbé allemand RATZINGER. Devenu pape sous le nom de JEAN PAUL II, le Cardinal mit un frein à l’application des réformes décidées par le Concile, devenu cardinal l’abbé n’a pas caché qu’il n’était pas partisan du ralliement à la laïcité et a même entrepris d’enterrer cette réforme.


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Dans son discours prononcé en 2000 devant la Sorbonne de PARIS, sur la Vérité du Christianisme, le Cardinal détaille longuement l’histoire de la supplique de SYMMAQUE. Il ne dit pas formellement qu’il penche pour SYMMAQUE ou pour AMBROISE, mais il est clair qu’il approuve le second. Il remarque que l’argument des rationalistes contemporains pour justifier la laïcité est celui la même qu’invoque le Préfet de ROME, mais il se garde bien d’ajouter que l’Eglise post-conciliaire aurait, sans hésiter, conseillé à l’empereur de faire droit à la supplique. Le Cardinal pense que la VERITE l’emporte sur la LIBERTE mais, comme le disait PILATE, qu’est-ce que la Vérité ?


Pour l’Eglise, le Pape JEAN PAUL II a répondu par l’encyclique FIDES ET RATIO publiée en 1998 dont voici un extrait :


« Est-il possible d’atteindre une vérité universelle et absolue ? En soi, toute vérité même partielle, si elle est vraiment une vérité, se présente comme universelle. Ce qui est vrai doit être vrai pour tous et pour toujours. En plus de cette universalité cependant l’homme cherche un absolu qui soit capable de donner réponse et sens à toute sa recherche ; quelque chose d’ultime qui se place comme fondement de toute chose. En d’autres termes, il cherche une explication définitive, une valeur suprême au-delà de laquelle il n’y a et ne peut avoir de question ou de renvoi ultérieur. Les hypothèses peuvent fasciner, mais elles ne satisfont pas. Pour tous, vient le moment où, qu’on le veuille ou non, il faut ancrer son existence à une vérité reconnue comme définitive, qui donne une certitude qui ne soit plus soumise au doute ».


L’encyclique FIDES ET RATIO est le testament spirituel d’un Pape dont l’action a permis à la POLOGNE de recouvrer l’indépendance sans effusion de sang. C’est un document émouvant et même pathétique dans la mesure où, destiné aux scientifiques et aux philosophes, il fut accueilli dans un silence embarrassé. Les destinataires, même ceux qui étaient catholiques, n’ont pas osé dire au vieil homme qui leur ouvrait son cœur que l’idée qu’il se fait de la Vérité est obsolète.


La science contemporaine est dominée par le principe d’incertitude d’HEISENBERG. L’homme du vingt-et-unième siècle sait avec certitude que jamais il ne connaîtra la réalité de la nature. Il n’est capable que d’approximation, il n’a accès qu’à des vérités relatives qui ne sont vraies que dans leur ordre, vérité scientifique, vérité mathématique, vérité religieuse.


La vérité religieuse aussi est relative. La Résurrection est un miracle invisible. PIERRE qui est un témoin irrécusable déclare « Dieu l’a ressuscité le troisième jour et lui a donné de se montrer, non pas à tout le peuple, mais aux témoins qu’il avait choisi … » (Actes 10.40). La Résurrection n’a donc de réalité que pour des témoins prédestinés et pour ceux qui reçoivent la Grâce de la Foi ; c’est une vérité relative. La vérité absolue et universelle n’est qu’en Dieu (s’il existe) et, dans ce cas, nous ne la connaîtrons qu’après notre mort.


Ce caractère relatif de la vérité religieuse incline à faire droit à la supplique de SYMMAQUE et justifie la déclaration du Concile car il implique que l’Eglise pas plus que personne sur la terre n’a le monopole de la vérité. Il justifie la tolérance de l’Etat et de l’Eglise envers les religions non chrétiennes.


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Pourtant le Pape BENOIT XVI a entrepris d’abroger une loi canonique malgré le principe d’infaillibilité qui interdit précisément toute abrogation de ces lois.


Le 21 Septembre 2000, le théâtre Quirino à ROME a accueilli un débat singulier. Le Cardinal RATZINGER et le professeur FLORES D’ARCAIS s’affrontaient sur la question « Est-ce que Dieu existe ? ».


Après avoir affirmé qu’il ne croyait ni en l’existence de Dieu ni en l’immortalité de l’âme ; que, pour lui, tout se jouait dans cette vie, le professeur déclara qu’il était acquis aux valeurs chrétiennes, spécialement à l’adage « Que ton oui soit oui, que ton non soit non » et au principe de la priorité accordée aux pauvres. Il pouvait donc collaborer avec les Catholiques à la réalisation du royaume sur cette terre, à la condition d’avoir l’assurance que l’Eglise sera tolérante, ce qui serait sûrement le cas si elle professait avec SAINT PAUL que la Foi est complètement étrangère à la raison. Le Cardinal répliqua que la collaboration du professeur et de ses amis avec l’Eglise était certainement possible mais que celle-ci ne pouvait dire que la Foi était étrangère à la raison parce qu’elle pense au contraire que la raison et la Foi sont indissociables, que le Christianisme est même l’achèvement de la philosophie.


Ce qui frappe d’abord dans cette discussion, c’est son caractère d’irréalité. L’Eglise, qui a proclamé son attachement à la liberté religieuse, ne peut être soupçonnée d’intolérance. Le professeur et le Cardinal ont choisi de parler comme si la Déclaration du Concile n’existait pas. C’est une façon d’enterrer la liberté religieuse ; lorsque la tombe sera comblée, les intégristes reviendront à ROME. Le moyen n’est pas très élégant, mais il n’en existe pas d’autres, une Loi Canonique, ne peut être abrogée que par désuétude, par oubli !


Le débat conserve une grande importance si l’on considère qu’en réalité, face au Cardinal qui représente l’Eglise Universelle, le professeur est le représentant d’une catégorie sociale majoritaire dans les anciens pays chrétiens, et minoritaire mais présente partout ailleurs dans le monde. Il s’agit d’une catégorie toute neuve, celle des athées chrétiens.


Au temps déjà lointain de la PERESTROIKA, un journal russe déplorait la perte d’influence de la religion orthodoxe persécutée par le gouvernement soviétique. L’article se terminait ainsi : « En ce qui me concerne, je suis, malheureusement, athée ». L’expression eut un succès immense chez ceux, innombrables, qui ont cessé de croire au surnaturel mais qui ont conservé la morale chrétienne de leurs aïeux. Ils s’intitulent eux-mêmes « athées chrétiens » et leur nombre doit recouper celui des partisans de l’application des Droits de l’Homme. Les athées purs et durs font volontiers remarquer que les athées chrétiens ne sont plus des athées s’ils sont déjà à demi-chrétiens : l’insistance avec laquelle le professeur d’ARCAIS demande à se mettre au service de l’Eglise en est un sur indice et le Cardinal RATZINGER a eu bien tort de rejeter la main tendue en invoquant la vérité - toute relative - de sa religion.


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Il devrait réfléchir sur le fait que le destin de l’Eglise va de pair avec une propagation universelle du Christianisme sécularisé des athées Chrétiens. René GIRARD décrit ce phénomène dans les termes suivants :


« L’influence complexe du Christianisme se répand sous la forme d’un savoir inconnu des sociétés préchrétiennes et qui ne cesse de s’approfondir. C’est le savoir dont PAUL dit qu’il vient de la Croix et il n’a rien d’ésotérique. Pour l’appréhender, il suffit de constater que nous observons tous et que nous comprenons des situations d’oppression et de persécution que les sociétés antérieures à la nôtre ne repéraient pas ou tenaient pour inévitables ».


Les dizaines de millions d’athées chrétiens témoignent de cette propagation du Christianisme. Je suis convaincu que s’ils pratiquent les valeurs chrétiennes, c’est parce qu’ils éprouvent un besoin de transcendance. Je suis moi-même d’avis qu’une existence n’est pas réellement humaine si elle n’a pas de références à des valeurs qui la transcendent.


Selon que l’Eglise trouvera ou non un compromis avec les athées chrétiens, le Christianisme aura charge de conquérir l’Humanité ou sera définitivement réduit à la condition de secte.


Il ne faut pas oublier que SAINT PAUL a inventé la Démocratie Universelle par la phrase suivante :


« Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme car tous vous ne faites qu’un dans le Christ JESUS ».


L’égalité démocratique de toutes les créatures humaines est la conséquence nécessaire de l’unicité de Dieu. La Démocratie est donc une valeur chrétienne. L’Eglise devrait s’inspirer de l’exemple de la synagogue. Le Judaïsme antique s’ouvrait aux incirconcis intéressés par l’Ancien Testament. Pourquoi l’Eglise ne s’ouvrirait-elle pas aux athées désireux de vivre sous le signe de l’amour du prochain ? Si l’argument de SYMMAQUE est encore invoqué de nos jours, c’est parce qu’il n’a jamais été victorieusement réfuté. C’est parce qu’elle affirme détenir le monopole de la Vérité absolue que l’Eglise demeure intolérante et essaie d’effacer la déclaration du Concile.




Septembre 2008







16h00: A son réveil, maman a le geste d'attraper quelque chose alors qu'il n'y a rien. Je lui demande ce qu'elle veut attraper: « Le papier rose. » Elle me répond. On part en balade, et à l'arret vers les chevaux, elle fait pareil dans le vent: « Ils sont envollés, mes papiers? » Je lui dis que de taper à la machine c'est dans les rêves, elle répond non assez fermement. Un peu plus tard, elle dit: « C'est pas grave. » Au retour elle a soif. Je tente de l'eau de perrier à la cuiller à café, fausse route direct. J'obvie sur la purée de fruit qu'elle trouve toujours « délicieuse » ensuite, elle va s'allonger.

07h40: Passage de l'Had. Elle me demande si c'est pas trop tôt, maman étant réveillée, je dis que visiblement non. En fait je descends quand je les entends, ça me laisse le temps de préparer le tidej. Christine appelle à ce moment là, on mets le téléphone sur la table et elle raconte son amour avec sa dernière petite fille Eva. Maman écoute, très intéressée et réagit, ça passe bien par le haut parleur et le micro que je sais même pas où il est. Papa part aux courses. Nous démarrons la balade peu après, un petit arret pour dire bonjour au petit pavot pâle du bord de route. Sabine la voisine s'arrète nous dire bonjour. Je filme un peu la fleur, elle n'est pas encore totalement ouverte. Maman remarque: « Elle est pas très matinale. » Il y a encore une buée de rosée sur les pétales, elle doit gérer la distribution de son sperme aérien entre les courants d'air et les abeilles. Bon, ben bonne orgie, on continue. On croise papa qui a oublié quelque chose. Du coup, Tilou déserte. On le voit repartir dans l'autre sens, je me dis qu'on va récupérer le iench, on remonte, fume, papa l'a emmenée en courses. On fait un grand tour qu'on va jusqu'au champ de fleurs de Christine. Maman apprécie comme ça, sans plus. Enfin, on s'aura promené, je peux vous dire. Au retour on arrive ensemble avec papa. Maman va s'allonger.

mercredi 17 septembre 2008

19h30: Soupe de cresson, j'en donne pas trop à maman, qu'on m'a plutot chargé de lui donner du riz. Donc soupe au riz-légumes, omelette aux girolles de papa, un riz au lait canelle clous de giroffle etc. et un gâteau à la crème, trop destroy, que j'en prends plus, moi. Eux si. Papa pérore pas mal, assez en forme. Un moment, il parle de son grand-père qui parlait un patois Lorrain là-bas de chez eux. Là maman intervient et demande assez clairement: « Tu le comprenais? » J'ai transmis et il a répondu en s'adressant à moi. Maman a bien aimé l'omelette. Moi aussi, d'ailleurs. Chouette repas. Mme DM est arrivée pile poil 20h15 pour le coucher de maman, on l'a briefée pour le nouveau massage, ça roule.

18h00: A un moment, je descend et je tombe sur papa devant la télé qui montre un mari avec sa femme atteinte d'Alzheimer. La femme est complètement impotente, le monsieur explique comment chaque petit mouvement du visage exprime quelque chose qu'il comprend. Papa zape, en disant que c'est trop atroce.

16h00: On part en balade. Maman est assez somnolente mais disponible parfois, pour regarder une fleur ou un petit échange. Devant le chateau, la jument est seule à nouveau. Du coup je lui demande: « Que fait la pouliche? » elle ne rit ni n'hennit, que nenni, jument d'pas grand chose, pourtant... Kiné dans les prés au soleil. On va pouvoir fournir, côté massage, vu qu'y en a un nouveau. Ce soir je mettrai Mme DM au jus, tant qu'à masser la jambe, autant qu'elle masse dans le bon sens. Au retour, j'ai un assortiment et je propose à maman pamplemousse épluché ou jus de fraise. Elle choisit le pamplemousse et en avalle pas mal avant de faire une fausse route. On obvie alors sur le jus de fraise qu'elle liquide avec délectation. Ensuite, elle s'allonge, et je refais le nouveau massage qui trouve sa place à chaque mouvement de pieu, en fait. Papa me fait une lecture de poème à la cuisine. Beaucoup du Beaudelaire. Y'en a un qui s'adresse d'un vieil amoureux à sa vieille amoureuse, il me semble et je lui dis qu'il pourrait le lire à maman, ça a pas eu l'air d'embrayer vraiment. Plutot que d'essayer d'apprendre à l'église catholique là où qu'elle déconne, je trouve ça serait mieux. D'ailleurs, je lui ai dit que côté religion il offrait pas trop l'image d'une foi rayonnante. Je ma rappelle plus les termes de sa réponse désabusée. Quelque chose sur l'aspect louche de la notion de foi rayonnante, genre. J'ai pas trop l'impression qu'avec son cerveau y va là où y faut. D'ailleurs je sais pas trop si avec un cerveau on peut aller là où il faut.

11h00: Après des péripéties téléphoniques en fratrie sur ce blême de médecin dont tenter la narration risque de me bloquer au moins un hémisphère, la truffe en question se pointe donc. Pour lui il y a peut-être un petit début de phlébite, rien de bien méchant, il nous prescrit de la masser de temps en temps la jambe en l'air en descendant toujours de la cheville vers le genou. Avec de la biafine qu'il prescrit. L'infirmière ayant fait allusion à une médication qui agit bien quand le mal est pris tôt, vu le doute dans lequel on erre... Voilà. Papa est revenu de bonne humeur de Soissons d'autant que j'avais pu lui téléphoner au garage que sa secrétaire avait fini son boulot de frappe. Aussi il me ramène des figues et du cresson qui collent pile poil avec mes envies diététiques actuelles. Il me donne à lire son document qui traite de la foi et de l'église catholique que ça me passe pas mal au delà, vu que je suis allergique à la bible. C'est pas encore à publier qu'il le remmène en correction cette aprem mais donc, il y en a une bonne tartine qui s'annonce, genre dizaine de pages. Au déjeuner, maman peut donc se lever, je lui mouline sa viande avec des légumes, puis un peu d'artichaud, yaourt et lit + massage. Les infirmières qui repassent disent que ça va mieux la jambe. Bon, voilà.

08h10: Ce matin, Marion attire notre attention sur la crainte d'une phlébite et la nécessité d'une visite de médecin. Comme nous avons plus confiance dans le médecin du réseau Cecilia, je tente qu'elle nous aiguille vers lui, mais papa intervient et elle appelle donc le médecin traitant. Du coup je me fous en rogne et l'exprime à papa. Le plus violent de ce que je lui ai dit étant: « Je suis en colère! » je considère être resté dans le respect des conventions de genèse. Lui se met en colère aussi et demande à: « Ne pas être traité comme un paquet » Ce que je suis pas d'accord, car c'est justement à des non-paquets qu'on parle comme ça, à mon sens. Enfin bon, Le médecin traitant doit passer, c'est parti comme ça maintenant. Papa est à Soissons pour la révision de la voiture et en attendant maman doit pas se lever, donc tout le petit dej a été au pieu.

16h15: A son lever, maman me demande comment s'écrit: « turbot » Je le lui dis et lui demande si c'est un mot qu'elle doit taper à la machine, elle me fait oui, je lui pince le nez et elle rigole. Nous faisons un tour jusqu'au pré des chevaux, petite station assise au soleil pas méchant, je ramasse un peu d'herbe pour les chevaux qui viennent faire la manche. Au retour, je sens que maman serait peut-être un peu partante pour quelque chose. Je sors la boîte à petits chevaux et on s'y attelle. Elle a du mal a manier dé et gobelet mais y arrive. Ce qui est assez impressionnant, c'est qu'elle fait rouler le dé la plupart du temps à un centimètre du bord de la table et qu'il tombe très rarement. On a du faire cinq parties en tout. Il y en a une que j'ai passée toute à l'écurie, j'ai eu mon premier six alors qu'il ne lui manquait que de faire un pour sortir son dernier cheval. Super la partie. Bon, je ne joue pas avec les dés truqués, faut dire. Le soir on s'est mangé un artichaud nous deux maman et sa soupe et un yaourt. Voilà.

10h50: J'avais dit que je voulais me faire un régime, vu un mal de tête matinal et plus prendre de viande ni de blé, papa revient des courses avec un navarrin d'agneau et des pâtes. Je pars faire des courses à vélo et prends des artichauds, du raisin, etc... genre. Cuisine un peu à l'arrache, pour finir chacun a ce qu'il lui faut, tout baigne. Le problème par la suite est logistique. Il faudrait que je fasse une liste pour les courses de papa, or je sais pas trop faire ça. Il me faut le magasin pour grappiller les trucs qui me branchent. J'ai pas de magasin virtuel dans la tête pour faire pareil à l'avance. Va falloir essayer pourtant... Maman est très somnolente au repas. N'a pas voulu s'allonger de la matinée. Là, pour la sieste, c'est parti.

07h40: Maman semble bien réveillée ce matin. Elle dit ne pas avoir bien dormi mais je pense que ça faisait juste quelques temps qu'elle attendait parce qu'elle a pas l'air ensuquée du tout. Les infirmières font un tour de piste dans la cour et repartent aussi sec qu'elles ont été appelées ailleurs. Maman prend sa purée de fruits, les médocs et attend un peu le retour des stars. Une fois habillée, déjeuner. Je coupe maintenant la tartine parceque je trouve qu'elle a des problèmes pour mordre. Le café passe bien à la cuiller à café, mais ça prend... un certain temps. Le sèche-cheveux a réaparu par un miracle Damaïen mais les cheveux sont secs depuis... 23 heures, à vue de nez. Je le mets avec les médicaments courants en haut de l'armoire, là où papa l'a tout d'abord cherché. Ensuite on fait un tour sans s'arrèter, il fait assez froid. Maman est couverte, mais bon... visite aux chevaux et retour. Voilà.

mardi 16 septembre 2008

15h30: Balade, on a quelques échanges et des fois elle dit des trucs que je comprend pas du tout. On passe un moment dans les bois grâce à mon super tabouret. C'est dommage qu'ils fassent pas des tabourets qu'on peut s'allonger dessus entièrement... et avec un gros oreiller moelleux vers la tête... Au retour elle me dit encore pas mal de choses que je percute pas et puis elle va se coucher.

12h30: Purée steack, moulinés pour maman. Seule fantaisie, un crumble aux pommes surgelé que papa a ramené. Sorti du micro-londres, il est chaud de chez chaud, maman n'en prend un peu avec son yaourt. Papa parle de sa secrétaire à Soissons et qu'elle lui donnera un cd de son testament spirituel. Il accepte l'idée que je le publie dans le blog, lui, de son côté en enverra un xemplaire à chaque petit enfant, et enfant aussi, sans-doute. Ca doit être une sorte de réponse au texte de Félix, j'imagine... Après le déjeuner, maman demande à rester assise. Je débarasse, vaisselle en jetant un coup d'oeil sur la terrasse de temps en temps. Sortie de vaisselle, je la vois plus dans le fauteuil. Petite panique, elle s'est affalée, le torse sur ses cuisses. Je la redresse et ça a l'air d'aller. Faudra donc penser à pencher le fauteuil en arrière pour la laisser assise. Du coup, elle va se coucher.

07h50: Debout là dedans! Marion et Djamilla arrivent. Ca dure un peu qu'elles font un shampooing. On reparle du massage d'Edith, Marion semble surprise que ça ait pas eu lieu. Elle en reparlera, donc c'est toujours dans l'air. Papa cherche désespérément un sèche-cheveux qu'il parait qu'il existe, mais bon, pas de matérialisation pour le moment. Thierry appelle pour un problème de ravitaillement en médocs et comme je mets le haut-parleur sur la table, maman a un petit échange avec lui, sympa. Moi, je suis à la bourre d'un rendez-vous chez la psy. Quand j'arrive, il y a un cable électrique qui sort du bureau avec une pince croco qui prend sur un radiateur. Ca me permet de rentrer en disant: « Alors, vous êtes à la masse? » Comme entrée chez le psy, c'est classe. Trop je suis classe. Après elle m'a laissé repartir quand-même, ce que j'interprète comme un bon signe. Au retour maman est réveillée, il fait super beau, on file. Je me suis acheté un nouvel axessoire: un petit tabouret trépied pliant à 3neurones60, ça fait un neurone par pied et 60 centimes de toile en haut. J'en suis enchanté. On se plante sur l'herbe au soleil devant le pré des chevaux, et kiné... Super, on n'est plus tributaire des bancs qui maintenant sont quasi tous à l'ombre alors qu'on recherche plus trop ça.

lundi 15 septembre 2008

18h00: Passage des infirmières pendant que je commence à me pomponner et regarde ce que je vais... Oooooooh, j'ai rien à me mettre!

16h55: On refait un tour vers l'église et au retour elle demande à s'allonger.

15h10: Papa est parti en balade avec Tilou, je réveille maman pour qu'elle sorte un peu, vu qu'elle doit diner au lit ce soir. En la levant, je lui dis que je dois sortir avec un copain. On fait notre tour, elle ne voit pas les chevaux qui sont à une quarantaine de mètres, et, à un arret sous le saule près du petit dragon, c'est elle qui me reparle de ma sortie du soir. Je lui répète ce qu'il en est, ça l'intéresse beaucoup. Au retour papa est rentré, elle boit une demi-tasse d'eau sans trop de problèmes.

12h30: Je sers, que j'ai tout fait ou presque, papa a plus qu'à se mettre les pieds sous la table, barré qu'il est en littérature à rédiger son testament spirituel. J'ai fait du poisson et ouvert une bouteille de vino verde que je lui ai ramenée de Paris. 8,5° ça devrait être un vin sage. Comme il le trouve trop froid, il mets son verre un peu au micro londres. Après, le verre il fume. Maman mange sans beaucoup exprimer grand chose. La purée de fruits qu'elle hésitait à en prendre, comme je lui demande si elle trouve ça bon, elle me répond que c'est pas bon, c'est délicieux. Je dessers et fais la vaisselle, m'appliquant que ce soir je suis de sortie.

07h45: Maman fait l'aller et retour du petit dej et roupille non stop jusqu'au déjeuner. Elle boit pas mal de son café au lait à la toute petite cueiller, mais n'arrive encore pas jusqu'au bout sans fausse route. Papa fait des courses et je prends la relève avec la voiture que je pars à Presle chercher les dicaments qui vont bientot faire défaut.

dimanche 14 septembre 2008

19h30: Maman se lève pour diner. Arrivée très syncrone à 20h15 de Mme DM. Papa regarde un peu un ballet sur le thème de Proust en habits de l'époque. Il dit que c'est magnifique, ces danseurs, que c'est dommage de penser qu'ils aient de telles vies, les hotels borgnes etc... Je rigole et comme il me demande pourquoi, je lui dis que c'est parcequ'il voit tellement tout en noir. Après il me demande si je crois qu'ils font pipi caca. Je lui répond qu'ils doivent faire de beaux pipis et de beaux cacas. J'aimais bien, ce niveau de conversation, mais on n'a pas tenu la longueur. Je suis sorti regarder la pleine lune et au retour il avait changé de chaine pour une qui gueulait de la pub d'assurance.

17h25: Passage des infirmières.

14h45: Visite des Renaud. Maman se lève. On prend un café à table et je file au festival en leur laissant la promenade de maman. Sympa le festival, retrouvé un copain d'autrefois, Antoine et on doit approfondir les retrouvailles demain soir en ville. Au retour je trouve papa plongé dans ses écrits. Je lui avais proposé ce matin s'il voulait essayer de les taper sur ordinateur en vue de faire un blog. Il m'a dit qu'il les faisait taper sur ordi par quelqu'un en ville. Je lui ai conseillé de se faire remettre un cd si il veut l'internetiser. Aussi il a eu l'air intéressé par le programme qu'on parle dedans et qui tape le texte. A voir. Je refais un petit tour dehors avec maman et elle demande à s'allonger.

12h30: Melon puis tripes patates au menu. On se sert de la dispense occasionnelle sur le sel du médecin. Maman mange bien mais extrèmement lentement. Après, elle prend aussi de la salade de tomates, suffit d'être sacrément patient. Yaourt et puis sieste. Parfois son oeil gauche se ferme, mais elle ne se plaint plus de douleurs.

08h20: Papa après une bonne nuit sur son lit remis sur pieds vient me chercher que les infirmières sont tard et que je m'occupe de maman. Elle dort, en fait, mais vu qu'elles arrivent, réveil. Aujourd'hui, côté météo super journée. Le reste aussi, à première vue. Je parle de faire un tour c't'aprêm au festival mille facettes et papa demande à venir. Aussi vers 18h il a quelque chose de prévu avec ses potes. Maman aussi, ça va plutot bien. Après déjeuner on fait le grand tour. Il fait meilleur au soleil que sous les arbres maintenant, le matin, au moins. Elle est assez éveillée, échange, dit même une blague qui la fait rigoler, mais que j'ai pas comprite. Sur la place du village, il y a visiblement un rassemblement de voitures de colec. Il y a déjà une Rolls, une simca et une volvo. Fait notable, Tilou fait toute la balade avec nous. Au retour on retrouve papa retour de courses qui a un mystère sur les bras. Il a rtrouvé le coffre de sa voiture conchié de ce qu'il définit comme: « Du dégueullis de chien qui sent pas mauvais, une sorte d'enduit. » Après un petit tour de parano envisageant tous les terrorismes possibles, je découvre que c'est une bouteille de cif acheté la veille qui a perdu pas mal de ses entrailles. Maman demande à rester assise sur la terrasse, on en est là.

samedi 13 septembre 2008

15h10: Maman se lève, je lui fais faire trois tours de roues sur la terrasse sous la pluie. Un peu de kiné, et je zague autour à préparer la soupe. A un moment, elle se plaint d'avoir mal à l'oeil gauche. Je lui donne un diantalvic et ça passe me dit-elle. Les infirmières passent à 17h30. Ah, j'avais oublié de mentionner que ce matin, papa a cassé son lit. Non, il ne fera pas les gros titres de détective pour une affaire de moeurs, il a fait ça en le bougeant. Un des pieds est carrément arraché. Il a appellé son Mc Gyver qui a déjà fait la rampe d'accès dicapé et l'affaire suit son cours.