dimanche 31 août 2008

20h45: Avec Christine on regarde: « Le petit criminel » qui se passe beaucoup à Sete. M'a bien plu. Un film de plus qu'il faudra que je montre à Sylviane. Ils doivent l'avoir à la médiathèque.

16h00: Balade avec Christine. On voit un rapace, genre buse qui nous passe près puis nous tourne au dessus. Maman parle peu et on a du mal à la comprendre. Au retour papa part voir ses copains, Christine dit que c'est bien qu'il ait des potes. On couche maman toujours avec la mini grue. Ca marche, cette affaire là. Les filles passent, Marion me rend ma clef usb, le chevreuil lui a plu, elles remportent le dossier médical pour photocopier des trucs et voilà. Christine retourne tafer et je commence à cuistancer. Harengs patates. Tout est prêt quand papa n'arrive n'a plus qu'à se mettre les pieds sous la table. Maman mange au lit et puis dodo.

13h20: On couche maman avec l'appareil nous deux ma soeur et ça lui semble possible, mais pas totalement évident d'utilisation. Après une vaisselle en commun, elle va corriger ses copies et moi bloguer un brin.

12h30: Roti de veau carotes, tarte tatin qu'alafait ma soeur. Je mouline le plat pour maman, Christine goute et dit qu'elle attend que je sois parti pour lui ressaler les aliments. Je réponds après un embryon de débat qui prit très vite une allure de circuit 24 que comme ils sont de mauvaise fois dés le départ à vouloir faire manger à maman ce que eux ils trouvent bon c'était impossible de discuter.

10h45: Maman est réveillée et demande à se balader. Il fait un peu chaud et on est vraiment bien sous les arbres, on s'arrète un peu là, mouvements de kiné. Au retour il fait limite lourd.

08h00: Reveil de maman après une bonne nuit de sommeil certifiée par les insomnies de sa fille. Je lui donne de la purée de fruits avec ses médocs en attendant les soignantes. A leur arrivée on finit tout juste. Une fois maman habillée elles nous convient à voir le maniement du lève-personne. Très bien, quand on ne fait pas tout de travers, il faut avouer que ça marche beaucoup mieux. Je passe à Marion qui aperçu le chevreuil hier la vidéo que j'ai faite sur une clef usb. Je fais déjeuner maman pendant que papa et Christine vont à la messe. Maman ces temps ci est très apathique. Christine dit qu'elle est déprimée. Je ne sais pas. Très fatiguée et moins présente en tous cas. Après déjeuner je la couche avec l'appareil et trouve ça très bien. Pour elle aussi qui n'a pas tout le poids sous les aisselles mais réparti.

samedi 30 août 2008

18h15: Passage de Marion & Co qui nous espliquent que pour se servir du lève-personnes il faut baisser le lit au maximum ce qui libère le dessous. Ensuite on a un cours théorique sur comment mettre le hamac. Il y aura démonstration demain matin. Contre toute attente, parce qu'elle a l'air fatiguée, maman demande à manger avec nous. Ma soeur trouve que je l'empêche dans sa créativité parceque je l'ai réffrénée dans son idée de tarte aux mirabelles tellement les mirabelles sont bonnes crutes. Elle trouve de plus en plus que j'ai envie de me ressourcer et agit comme le jeune coucou dans le nid vis à vis de ses petits camarades de couvée. Pas de bol, à trainer comme ça j'ai aucune envie de partir pour deux demi-journées. Ca se fera plus tard. En attendant, on pourra exercer nos glandes à venin et nos super pouvoirs.

12h30: Déjeuner gastronomique, la soeur de mon frère a fait une entrée de champignons en salade et un plat de courgettes. Viande avec ça, je mixe pour maman et je suis privé dessert parceque le super gateau a de l'alcool dedans. Mais y'a des super mirabelles aussi. Ma soeur entreprend de me foutre à la porte pour que je me repose. Mais il faut essayer le lève-personnes car elle a pas la force de porter maman. Donc je me prépare mollement à partir deux trois jours en attendant que maman se réveille.

10h45: Retour de balade, maman ne veut rien, je décide donc unilatéralement de l'allonger pour être dispose au repas. Comme sous elle il y a l'espèce d'hamac du lève personne que se sont servi les filles, je prépare l'appareil pour jouer avec mais maman dit « non » donc, pas jouer, je réquisitionne papa et nous la mettons au lit a mano. Christine qui a peut-être pu finalement faire une copie ou deux en s'exilant sous les combles trouve que ça va bien comme ça et file en courses de son côté.

09h30: Maman demande à se promener, ça tombe bien, il fait super beau. En partant on croise papa de retour des courses qui nous fait une petite animation en tapissant le sol de la voiture de mirabelles échapées d'un sac en papier crevé. Ca doit être pour se rattraper qu'hier il m'a fait manger de la tarte aux couetches « alsacienne » ce pourquoi Sylviane pourrait m'arracher les yeux à tout le moins. Bon, nous partons. Tilou nous snobe. Elle doit aller au vétérinaire lundi pour une grosseur au derrière. Papa lui a déjà diagnostiqué un cancer et prédit une dose létale d'un truc qui s'injecte. Le chien continue à l'aduler sans réserve. « Qu'est-ce qu'il est savant! » genre.

08h30: On attend les infirmières, maman est réveillée alors je lui donne ses médocs avec une purée de fruits. Elles arrivent, Marion qui nous avait expliqué le fonctionnement au début et une nouvelle aide. On parle des massages prodigués par Edith que Manu avait recommandé et elles vont voir pour inscrire maman. Ca se passe le mardi après-midi. Massages ou bains thérapeutiques avec musique, ça a l'air très prometteur. Ensuite maman déjeune à table face à Christine qui croit encore que ça va être possible de corriger des copies en société et nous fait une petite animation en se renversant tout son bol de thé sur les cuisses, c'est très réussi. Il faudrait la filmer en noir et blanc pour repasser avec du piano dessus, mais elle veut pas le refaire.

vendredi 29 août 2008

19h30: Maman n'a aucune envie de se lever pour manger avec nous. Elle dine au lit. Je lui demande si elle a le moral parceque Christine la trouve déprimée. Elle dit qu'elle a le moral. On croute nous ensuite.

16h00: Au retour je monopolise la télé 4 minutes pour montrer les hirondelles que j'ai filmé. C'est nettement moins bien que le chevreuil. Maman s'endort, mon public parle d'autre chose ou critique ouvertement, bide complet. Entre faire harakiri et m'allonger un peu, je choisis m'allonger un peu. Maman aussi va s'allonger dans l'idée d'être reposée pour diner avec nous à table ce soir.

14h43: A l'arrivée de sa fille, maman se lève et on part en balade. Tilou et papa viennent avec. Papa a pris une canne pour essayer. Maman n'en revient pas et demande plusieurs fois pourquoi il a une canne. Christine en déduit qu'elle le voit encore en jeune homme et qu'elle se fait du souci pour lui. En chemin, il doit y avoir des enfants quelque part et Tilou fait demi-tour. Apprenant celà, papa fait demi-tour aussi dans un louable but de récupération de chien. Nous ne les reverrons qu'au retour, devant la télé. Je soupçonne un coup monté.

14h34: C'est moi qui s'y colle pour aller chercher Christine. En fait, j'ai un projet précis. Comme c'est une cueilleuse de fleurs compulsive passionnelle et qu'à l'entrée de Vauxbuin par mon raccourci qui ralonge y'a deux immenses plates bandes de fleurs sauvages-plantées, je l'emmène là avec une paire de ciseaux. J'ai pas loupé mon effet, elle est enchantée. Moi aussi, j'aime bien les bouquets mais ma religion m'interdit de cueillir des fleurs parcequ'après ça oblige à faire plein de trucs dégradants en enfer tellement c'est mal d'ôter la vie à ces phénomènes de haute couture vraiment vivants.

12h30: Maman qui a été dans son fauteuil toute la matinée prend son déjeuner au lit. Ma soeur est annoncée au train de 14h34. Peut-être on ira la chercher, avec papa on se tâte... C'est un peu l'heure de la sieste, mais elle risque de râler si elle doit tout faire les 4 bornes avec sa valise à roulettes... D'un autre côté ça lui ferait les pieds... On sait pas, on va voir...

11h30: Passage d'Anne psy pour prendre le pouls à la maisonnée. Un bon quart d'heure je dirais d'entretien avec papa pendant que la stagiaire parle un peu à maman qui demande à aller se coucher puis se met à ronfler efficacement. A la sortie de l'entretien, Anne fait signer à papa un papelard qui manquait pour une prise en charge. Et ils causent d'un prochain rancart, elle dit que c'est pas obligatoire et il en profite pour pas en prendre.

08h00: Lever de maman, les infirmières la trouvent fatiguée. Il faudra plus surveiller la qualité de ses nuits comme m'y incite un texto de Thierry. Elle prend d'abord une purée kiwi pêche qu'elle trouve très bonne pour avaller les médocs et puis son laborieux café au lait. Un essai infructueux d'utiliser une paille. Après, elle demande à aller se ballader et apprécie l'air du dehors. On est rappelés par papa pour pas louper le kiné. Maman reste dans son fauteuil.

jeudi 28 août 2008

19h30: Maman dine au lit. J'abrège, j'entends « le petit baigneur » à la télé et moi, les films diarrée d'essai, trop ça me plait.

17h45: Papa passe, en relevailles de sieste et on le convie à une scéance d'un diaporama qu'a envoyé Janine. Des vues de Paris avec un texte de Garcia Marquez, mais ou on sait pas lire, ou on a mal aux yeux ou les deux. Donc on regarde les images. Ca a bien plu à tout le monde et après ça, maman a envie de retourner se balader. Comme il est quasi l'heure des infirmières, on va faire des tours devant la maison avec Tilou très partante, jusque l'arrivée de ces dames.

15h45: Papa part en balade en auto avec Tilou. Maman se réveille ensuite et on part pour le tour du chateau avec station béate au cimetière. Au retour papa est revenu. Je propose à maman de voir un remake du film au chevreuil, que j'ai rajouté de la musique dessus comme y'avait pas de bande son. Une musique de Jean Chopin. Je lui demande si elle se rappelle qu'on a vu un chevreuil: « Il parait. » qu'elle me répond. Ca lui plait encore plus, elle commente et je lui explique comment j'ai fait. Très bon moment.

12h15: Maman dort encore, on la réveille direction la table. Elle est toujours très fatiguée. Je lui mouline son plat et rajoute au passage du bouillon de légume parcequ'elle boit pas assez. Direct au lit après la dernière bouchée de tarte aux mirabelles. Dodo les yeux. Pourtant papa n'a pas entendu d'insomnie cette nuit. Bizarre, cette torpeur.

10h00: Papa, extasié, me fait remarquer que les hirondelles se rassemblent sur le fil électrique et qu'il avait pas vu ça depuis longtemps. Je filme un peu l'événement, reporter animalier personnel de ma mère.

08h00: Les infirmières arrivent tard aujourd'hui, mais maman dort encore. Elles la préparent rapidement et disent avoir été au plus vite parceque maman est fatiguée. Effectivement, après un petit dej laborieux, elle demande à se recoucher.

mercredi 27 août 2008

19h50: Maman dîne au lit à sa demande et après nous, donc. Ca fait que Mme Da Maïa arrive pour prodiguer son massage en pleine tarte aux pommes. Voilà.

17h00: Visite du petit chevreuil dans le pré derrière, je le filme une dizaine de minutes et fais une édition spéciale pour maman sur l'écran de la télé. Ca plait bien, elle le trouve très gracieux. Papa trouve lui qu'il n'a plus très longtemps à vivre, tout le monde y trouve son content. Le cinéaste, moi, aussi.

16h00: Au retour nous partons en balade, toute la maisonnée. Même Tilou et son habitude inquiétante de s'arréter devant les voitures pour qu'elles s'arrètent aussi. Une bonne halte sur le banc devant le cimetière, c'est un bon coin. J'ai toujours peur que le chien ramène un os, mais bon...

13h15: Après le dej, je m'arrache pour pouvoir profiter d'une vingtaine de minutes d'avance. Bon, j'y allais en vélo, c'était la première fois et j'aime être en avance. Là-bas c'est super. Sur la table y'a la boite de kleenex toute ready. Je me disais, y'aura des cubes, des taches, ben non, là, c'est kleenex. Pas qu'on s'égarre hors sujet, genre. Bien, les kleenex, moelleux, apsorbants, tendres, humains, quoi. Bon, ben quand j'ai eu dit du mal de tout le monde c'était fini, mais j'ai le droit de revenir en deuxième semaine.

12h05: Je lis un texto de mon frère qui prétend me rappeler que j'ai rancart au psy à 11h. Mon sang ne fait qu'un tour, je vérifie, moi j'ai 14h. Je l'appelle, il vérifie et c'est moi qu'ai raison. Trop la trouille.

07h30: Maman voudrait se lever mais comme le débarquement de l'HAD est imminent, on repousse. Pour finir ça tarde un peu, on regarde les photos de Céline d'autrefois et de maintenant que Pascale a envoyées. Les infirmières passent donc et maman se lève. Petit déjeuner très long et laborieux pour terminer la tasse. Pour la recoucher, papa vient donner un coup de main puis liu caresse le front en lui disant: « Ma pauvre chérie, combien de temps ça va durer comme ça, quelle horreur! » Elle le regarde et a un soupir approbateur. Je laisse pisser, ils sont en totale symbiose sur le sujet et j'ai la flemme de redéclencher une engueulade. J'en fais un paquet pour le bureau d'Anne psy c't'aprèm 14h.

mardi 26 août 2008

20h00: Après la soupe qu'elle a voulu prendre au lit, maman me fait un beau sourire quand je lui dis que je passerai sans doute dans la nuit voir si elle a besoin de rien.

17h30: Départ d'Adèle et Thierry.

12h28: Arrivée d'Adèle, déjeuner, tchatche, balade.

11h00: A son retour, il me dit que la psy lui a dit qu'il était fatigué et qu'il fallait le ménager. Je me l'engueule comme du poisson pourri sur le thème d'une boulimie d'achats de surgelés alors que le congélo est déjà plein comme un oeuf.

09h30: Mon frère file au psy qu'il m'a sucré mon tour parceque ses chiottes fuient, qu'il doit filer à Paris dard dard.

lundi 25 août 2008

19h30: Maman a de la soupe que Thierry il a faite lui même sur une recette que je lui ai envoyée par textos. Ca a l'air de le faire. Moi j'ai du faire cuire des coquilles st Jacques que papa a achetées fraiches. Jamais j'avais fait ça. Bon, poêllées oignons ail, ça allait, c'était corèque. J'aurais eu du vin blanc et de la crème de soja, je suis sur ç'aurait été mieux. Maman a eu envie de goûter, alors on a partagé. Ca fait que maintenant on voit mes côtes... presque.

15h45: Nous partons en balade maman Thierry et moi. Tilou et papa sont allés de leur côté on ne sait où en automobile. On fait le tour du chateau avec un bon arret parlote devant le cimetière. Maman dit un petit truc de temps en temps. Je la trouve amoindrie, mais sans avoir de repère précis. Thierry dit qu'il évite de lui proposer du café le midi parceque ça fait trop de fausses routes.

13h15: Mon train atterit à Soissons, moi aussi. J'arrive que les autres mâles de la famille terminent de manger. Maman vient de se coucher, je vais lui dire bonjour. Thierry la fait rigoler en lui disant qu'elle avait un crétin de plus à la maison.

Bon, à 8h30 ce matin, Papa était à cran : les HAD n'étaient toujours pas passés ! J'ai pris un air serein. 9h, sœur Anne ne voyant toujours rien venir, il est parti aux courses. Hélàs, toujours rien à l'horizon ! Et quand Papa est rentré, c'est moi qui commençais à faiblir ! J'ai appelé le service à tout hasard. Il a fallu attendre 10h pour que surgisse une Laurelle sans son Hardy, prévenue par radio qu'elle était "espérée" . Du coup, hyper-prévenante, la fille. J'ai sauté dans la brèche pour lui tirer une interview serrée. Je passe sur les infos diverses dont j'ai enrichi mon immense culture : je les garde en poche comme des bonbons pour mon petit frère En revanche, j'ai obtenu de ma Laurelle qu'elle mette en place une procédure pérenne de lavage de dents qui faisait trou dans la raquette HAD. Mais surtout, j'ai découvert l'existence, au fin fond de l'univers HAD, d'un astre nouveau : le matelas à coussin d'air et à moteur qui modifie tout seul les appuis corporels ! Qu'est-ce que tu dis de ça, mon frère ? Je suis sûr que ça te la coupe ! Je me trompe ? Et attends ! Tu vas pas me croire ! J'ai agité ma Laurelle (genre boulotte aimant les hommes) pour qu'elle me fasse mettre la chose en service sur-le-champ comme disent les militaires. Téléphones tous azimuts sous mon regard vigilant, et pof ! on vient m'installer la merveille à 15h. C'est pas beau, ça ? Qu'est-ce qu'on dit à son frère, qu'on va pouvoir se palucher tranquille dans son pieu toute la nuit, et rendre à sa Maman des visites inopinées, juste pour la tendresse ?...
Vous voulez un monde meilleur ? Faites appel à Big Brother !
Profite !
Thierry

mercredi 20 août 2008

Ben dis-donc ! Tu lui as fait des magies à Papa ! C'est plus le même ! Il ne se contente plus de se réserver les vaisselles, il les fait ! Il n'achète plus des trucs à gerber en disant qu'il est gâteux, il choisit des bons trucs en la fermant. Il ne cherche plus à tout foirer, il s'applique et s'en sort très bien.

D'où, Maman et moi, on a trouvé une table toute servie à midi trente pile. Et Maman qui avait dit n'avoir "pas très faim" a dévoré méthodiquement des gambas (épluchées) à la mayo, un steack de filet purée, une salade verte, un yaourt, des gâteaux et un café !

Bon, Papa n'a pas pu s'empêcher de nous bassiner tout le temps pour qu'on aille plus vite, il s'est fâché tout rouge parce que j'avais mis trop de bouteilles de Badoit dans son frigo, et il est parti en sieste (en se réservant la vaisselle) avant le yaourt de Maman. Mais tout s'est bien passé quand même, et il ne m'a pas déshérité avant de s'endormir.

Quant à moi, j'ai mis à profit cette embellie imprévue pour gamberger la question qui devient lancinante, des fausses routes. Et naturellement, j'ai trouvé le truc et plus encore, je l'ai mis en œuvre avec un plein succès pour le coup le plus difficile dans le genre : le café !

Comme tu me fais pitié, je veux bien partager mon secret avec toi, à condition toutefois que tu ne le livres pas n'importe comment à tous les cons qui ne savent que taper dans le dos après l'accident en prenant l'air important ! Ce secret tient à deux règles simples.

Primo, tu laisses tiédir le café avant de le servir : la trop grande chaleur et la crainte qu'elle crée induisant la gorgée hésitante, vraie cause à tous les coups de la fausse route !

Deuxio, quand Maman présente le bord de la tasse à ses lèvres, tu pousses d'un doigt précis le cul de ladite tasse pour verser dans sa bouche un peu plus de café qu'elle ne le ferait toute seule. C'est là qu'il faut le coup de main : je l'ai eu trois fois de suite.

Résultat : Maman prend un bon gorgeon de café qu'elle est d'instinct obligée de garder un instant en bouche avant de l'avaler !

Total : ça donne un grand gloup sonore qui passe impec ! Et pas de fausse route ! Maman savoure pleinement son café au lieu de s'en arroser les bronches.

Sous ma ferme conduite, elle a ainsi éclusé sa tasse en trois gloups superbes avant de s'allonger pour une sieste délicieuse !

Voilà le travail !

Et ne fond pas en larmes surtout ! C'est à ta portée, j'en suis certain ! Faut que tu te fasses confiance, c'est tout.

Pendant que je t'écrivais, Papa s'est réveillé, il a fait en vitesse la vaisselle prélavée par mes soins, et il est parti se promener sereinement sur les bords de l'Aisne avec son dangereux chien-croche-pieds. Tu vois, t'y arrives quand tu veux !

Profite en attendant !

Thierry

Voilà un mail de Thierry que je reçois à l'instant qui donne des nouvelles:
Bon, après ton départ et sa promenade, Maman a passé un bon moment sur la terrasse. Mouton est arrivé. J'ai affecté la froideur en le laissant se dépatouiller avec Papa, qui m'a vite appelé au secours. L'autre cherchait manifestement à "rattraper" le client. Il a voulu faire son malin en m'expliquant qu'une de mes ordonnances arrivait à expiration sans renouvellement. Il est mal tombé : j'ai pas bronché en lâchant que le docteur qui l'avait faite me mangeait dans la main et qu'il me la renouvellerait sur simple soupir. Tu sais ce qu'il a fait ? Il l'a renouvelée lui-même aussi sec avec un air servile et complice. J'ai foutu son papier dans ma poche d'un geste las et je me suis barré à la télé. Il a entrepris Papa au sujet de Maman. Il m'a surpris, là. En moins de dix mots, il l'a complètement démoralisé. Papa que t'avais laissé en forme est venu me dire qu'il ne tiendrait pas longtemps. J'ai compris que le bon docteur avait su lui dire que Maman était foutue.
Du coup, Papa s'est mis à flipper que les HAD, dispensés de service par toi, ne viendraient pas ce soir. Je me suis tiré chez le potard pour me refaire en médoques. C'est là que j'ai compris pourquoi Mouton avait tenu à me faire l'ordonnance que je ne lui demandais pas : ça le posait aux yeux du potard qui l'a nommé plusieurs fois en collant ses stickers ! Ça sentait le marchand de farces et attrapes qui devait pour une fois sortir des grenades sur ordre de la kommandantur. Chuis reparti avec mes bombes et, du coup, j'ai acheté des gâteaux pour Maman, qu'elle a adorés.
Bon voilà.
Ah non, un truc encore ! Papa, Dieu sait pourquoi, en a marre que Maman bouffe sans sel. Il m'a entrepris en biais pour savoir si on pourrait pas arrêter les médoques qui induisent le sans sel. J'ai dit que non : il s'est capelé. Zarbi, hein ?
Profite.
24h/03h/06h

mardi 19 août 2008

14h46: Bon, ben après elle, c'est moi qu'est au bord du vide. Faut je boucle, je vais yaller, à bientôt. F.

12h00: On se fait la pintade patates pruneaux oignon. Ca le fait. Maman la prend sous forme de purée après un essai normallement pour que Thierry voie comment ça se passe. Maman demande de la pêche, ce dont elle ne mange jamais d'habitude. puis va se coucher rapidement fatiguée. Après avoir rerangé tout le linge, nettoyé les placards, réassuré les fondations de la baraque, refait la toiture et secoué un petit naperon rouge qui trainait là, Christine s'arrache... Le mot va bien, là. Dans l'allée du parc, les journalistes la harcèlent de questions, les flash fusent et sa silouhette lunettée de noir sur des lèvres pincées derrière la vitrine blindée en disent bien assez pour la foule de ces hystériques, s'ils savaient seulement regarder calmement (dans le rôle des reporters, c'est moi, pas de bol pour moi.)

10h45: Anne psy (J'évite de mettre des noms propres à cause de comment qu'y marchent les moteurs de recherche.) arrive donc, avec Angélique comme son nom l'indique aussi, infirmière, je crois, ou en bonne voie pour... Anne va voir maman, moi, je suis en train d'écarteler une pintade. Lui demande comment ça va, jesuppose, lui prend un pouls psy. Après, va avec papa dans son bureau et restent ensemble un bon moment. Ensuite, à nous tous (la pintade est dans le four) On fait une tchatche... organisation, aides, ça fuse tellement dans tous les sens qu'y m'en reste pas des masses. Thierry prend rancart, elles prennent congé et pendant des heures à suivre on entend Christine qui répète à l'envi: « Et pourquoi qu'elle m'en a pas proposé à moi, ça se voit pourtant, que je suis pas bien. » Nous, comme on l'aime... Ou plutôt parcequ'on sait pas faire autrement, on lui dit que c'est normal, que c'est que parce qu'elle est une fille et qu'elle donne l'impression de faire partie du personnel, mais Christine avec son psychisme proche de celui d'une biche à l'hallali n'a plus rien à attendre de brimborions humoristiques. Ce qui lui irait, on l'a pas. Elle repasse, elle malaxe du linge, je l'assomerais volontiers mais je sais quand-même encore que c'est pas ce truc là non plus.

10h00: On arrive nous deux mon frère, l'HAD est en action, maman a eu un shampooing. Toujours la pêche. Papa part en courses, poulet au programme que je cuistancerai et ma soeur est partie dans une gestion des draps, refaire son lit etc. J'accompagne un peu, machine allemande, et puis une crise de conscience me fait lui hurler gentiment dessus qu'elle laisse tomber, qu'elle se repose... Je pourais m'acheter un violon, c'est gentil, un violon, et comme ça je pourrais me la sortir et après un léger moment de concentration pleinement uriner dedans le violon. Je pourrais faire ça, parce que ça ferait complétement pareil. Bon, alerte rouge, Anne psy s'annonce en avance avec une infirmière aussi pour voir quoi ou qu'est ce. Ah, papa est arrivé, nickel!

07h45: Je me lève après une nuit d'enfer. Ma soeur m'a eue, avec une nonchalance et une assurance imparable elle m'a assuré que je pouvais faire les nuits, mais qu'elle serait réveillée de toutes façons, que j'étais stupide etc. Donc, je me lève avec la très nette sensation d'avoir une hache sanguinolante entre les paluches et la tête de ma frangine qui me regarde de la sciure dans laquelle repose enfin, derrière le billot. C'est agréable moyen comme sensation, mais très familial, limite biblique, beuarkh! Maman se lève bien que pas encore habillée et demande à rester dans le fauteuil à prendre l'air dehors. Dans une forme inhabituelle, donc. Je pars chercher Thierry à la gare du train. En route je repasse à la solderie acheter des dés pipés à ma soeur qui aime trop ça.

lundi 18 août 2008

16h15: Nous partons en balade et pas loin, papa nous rapelle, que l'équipe de l'HAD est là pour changer maman. On revient, on a droit à des explications sur le nouveau régime. Ils passeront trois fois par jour maintenant et deux personnes chaque fois. Ils ont emmené la tarte vitale pour que c'est débité chez eux direct, je sais pas quoi. Ils nous la rendront relouquée, maman aussi, qu'est en chemise de nuit peignoir alors qu'on part reprendre la balade. Très bon moment nous trois ma soeur avec un long arrêt au frais sous des arbres. On fait un feu, on chante des tyroliennes, on joue à la chandelle... Non, on fait pas ça, mais bon, on aurait bien pu. Après qu'on a pas fait ça, on rentre et maman a assez la pêche pour pas avoir envie de se coucher. Christine entame une partie de petits chevaux avec maman et étrenne les nouveaux dés. De la cuisine où je prépare la soupe, je suis le match et c'est vraiment folklo. Grace à ses superpouvoirs, Christine donne à sa partie un tour hallucinant. Elles se bouffent l'une l'autre sans arret, font des tours de piste à n'en plus finir sans s'arréter et genre, quand maman a fait cinq ou six six, qu'elle lui remet un dé normal, maman continue à faire des six, imperturbable. Au diner, tout se passe bien, et à la fin, maman pique bien du nez, direction dodo. Je suis bien content que maman ait été tellement éveillée aujourd'hui pour cette vizite éclair de sa fille. D'ailleurs c'est sans doute lié. Je pense que ma soeur y aura trouvé ce qu'elle cherchait. Je pars demain, normallement, relevé par mon frère, j'ai beau en avoir pas mal besoin, limite j'ai pas envie. Christine dit qu'elle comprend ça et pour une fois j'ai tendance à la croire, même si je sais pas bien ce qu'elle veut dire par là. (Des fois je fais des vraies phrases, comme ça... En plus j'aime ça...) Bon, maintenant ils sont devant un vieux film un peu marrant.

12h30: Déjeuner, je me mets les pieds sous la table retour de mission. Maman a du mal avec sa viande. Pour finir, je fais une soupe épaisse comme le soir et elle mange bien. Ca va rester comme ça je pense. Elle a des bons moments avec ma soeur et ses cernes de cocker humides. Plus je lui dis de se reposer, plus elle veut faire les nuits. Ca m'agace, oui, j'avoue... Bon, là on en est à la sieste. Y'a trève, c'est bon.

10h00: J'ai eu une mission d'aller chercher un papier au docteur pour ammener à l'AMSAM en vue de l'hospitalisation à domicile. Je pars avec 1h30 d'avance et je passe dans une solderie pour chercher un tablier en toile cirée. Crise subite de fièvre acheteuse, je ressors avec une lampe frontale, des sacoches de vélo, une laisse à enrouleur, une pince, et des gros dés pour jouer aux petits chevaux que, surprise après coup, c'est des dés pour tricher, sur quatre, il y en a un qui n'a que des 6 et un qui n'a que des 5. Maman risque de gagner beaucoup dans la période à venir. Les démarches se font et l'hospitalisation sera effective ce soir. J'ai demandé un passage de plus le midi ce qui me semble être ce que mon frère avait aussi demandé ailleurs. Mais dans ces démarches, assez facilement, mon regard s'embue, et je cherche de mes petites mains implorantes mon grand frère Néné qui de sa blondeur d'aigle et sa hauteur de péteur plus haut que... fait tous ces trucs là d'une main de maître qui posséde le dossier jusqu'en ses moindres poussiéreux recoins.

07h45: Angélique ce matin, en remplacement. Christine est donc là. Maman dit que c'était pas raisonnable de venir mais ça lui fait visiblement plaisir. La frangine dont la fatigue met le moral dans les chaussettes est très au bord de l'émotion, souvent. Et elle continue d'insister pour faire les nuits.

03h00: Le réveil sonne. Je me lève dans le coaltar et trouve le traversin devant ma porte. C'est ma soeur surfatiguée qui sous prétexte d'insomnies a fait le retournement à ma place. Il semble qu'une culpabilité irrépressible la déchire entre les lieux divers de ses multiples crucifixions. Si ça l'amuse...

dimanche 17 août 2008

15h10: Retrouvailles avec Pascale. Tchatche. On se reconnait. Maman se lève, a d'abord du mal à remettre Pascale qui amène des belles fleurs rouges foisonnantes. Ca revient ensuite, petit à petit. Balade dans le village. Eglise et retour. A la maison, on regarde des photos et puis maman va se coucher. On retourne un peu marcher, nous deux Pascale. Au diner Papa a préparé une omelette aux giroles très réussie. Maman y goute aussi après sa soupe. Et un gateau à la framboise. Après diner, on s'arrache assez rapidement, Pascale pour rouler de jour, moi pour aller chercher Christine à Roissy qu'elle nous débarque pour une visite éclair.

12h30: Papa a assuré tout le déjeuner et mettre le couvert pendant que j'essayais de me mettre belle. Chuis pas y'arrivé, mon pantalon tout neuf à bretelles est trop petit. Tant pis. Maman n'a pas mangé beaucoup de viande. Je crois que ça lui est trop dur à mâcher, désormais je moulinerai. Papa m'a fait une petite sortie comme quoi c'est aberrant de donner à manger à maman sans sel, qu'elle est en fin de vie. J'ai tenu bon, que je fais ce que dit le médecin. Je suis peut-être un peu psychorigide (petit doute d'orthograve? Ca ressemble un peu trop à « chorizo » non? Oui, je sais que j'ai un dico de compète dans ma machine, mais j'ai décidé de pas me prendre le chou avec ce truc là.) là-dessus mais bon, ça lui manque pas du tout et j'ai déjà laissé passer pas mal d'« extras » sur le sujet. Thierry doit donc revenir mardi matin. Pour finir, je reste pour la visite d'Anne la psy. C'est dommage qu'il n'y ait pas de psy garçon à l'assoce, pour maman je pense que ça aurait aidé à la communication.

10h00: Maman est réveillée, en forme, demande à partir en balade, nous faisons le tour du chateau. Au retour, elle reste dans son fauteuil, un peu de kiné et prendre l'air sur la terrasse. Des petites remarques au long de la balade, que c'est bon, qu'on voit pas les chevaux, qu'on voit le mur de la maison alors qu'il est encore à 50 mètres. Bien. Papa a fait la moitié de la balade avec nous puis s'en est rentré avec Tilou.

samedi 16 août 2008

19h30: Diner tranquilou. Papa est assez fatigué mais encore bien dissert au dessert. Il demande à maman si elle se rapelle comme ils ont rigolé avec Jean-Pierre et elle réponds que non. Après ils ont un échange sans mots, un beau moment de tendresse et se sont visiblement trouvés. Maman reste dans son fauteuil, pas pressée d'aller se coucher. Elle a beaucoup dormi cette aprem. Pascale appelle et elle doit passer demain vers 14h30. Et puis on couche maman, Mme Da Maïa passe pour le massage du soir. Voilà, la journée est bouclée.

17h00: Bon, et bien Jeanine, ça s'écrit Janine. Je l'ai appris en notant son email et maintenant j'ai l'air bête, voilà. Et bien, Janine part. Bisous, sa visite nous a bien fait plaisir, au revoir Janine et bienvenue sur le blog.

14h45: Pendant la siestoune, papa et Jeanine ont tchatché non stop sur la terrasse. Ils se posent des questions de balade, je vais voir, maman est réveillée et partante. Je lui cueille 4 framboises en attendant les autres et l'on part. Jeanine tient la main de maman qui a l'air de bien apprécier. Au premier carrefour où mon frère aime bien planter des maires, papa titube et fait demi-tour pour cause de manque de sieste. A l'église, maman n'est pas bien vaillante non plus et demande à rentrer. Peut-être l'air lourd ou levée trop tôt. De retour elle demande à se recoucher. Là maintenant papa et Jeanine jouent au scrabble.

11h45: Arrivée de Jeanine. Maman se lève, toutes deux sont très contentes de se revoir. A table c'est papa qui a tout préparé. Crevettes, Haricots tournedos, fromage et une tarte. Maman bien en forme et contente. Elle mange lentement. Ca me gène un peu que Jeanine lui dise « encore un petit effort », je trouve ça infantilisant. Je m'oppose un peu, mais comme la plupart du temps que je m'oppose un peu, je suis face à un tsunami. La visite fait du bien à tout le monde. Papa tchatche beaucoup. Je fais différer le bilan de santé à quand maman sera plus là. Ah oui, Jeanine a amené une orchidée. En fin de repas, maman comme dabe fatiguée va s'allonger. Jeanine dit qu'elles se promèneront plus tard donc je pense qu'elle sera encore là à 15h30.

vendredi 15 août 2008

19h30: Diner. On s'attendait à ce que maman veuille manger au lit et en fait, elle me réponds qu'elle fera ce qui est mieux pour nous. Donc, je décide de la lever. Elle a un grand sourire quand je le lui dis. Le diner s'improvise à la va vite mais c'est pas mal. Papa a découvert « une nouvelle soupe froide » en fait il a mal compris « a tenir au frais » Ca fait rien, ça marche très bien en soupe froide et le voilà hors des conventions. La semaine prochaine on prends le maquis comme c'est parti. L'ambiance est moins intense que quand il y a mon frère mais bon, Ca baigne. Ca a été une bonne journée. Maman prends un yaourt après sa soupe. Et puis couchage en attendant Mme Da Maïa.

15h30: Balade, papa pousse le fauteuil la moitié du temps. Il parle souvent à maman. Il semble que ce soit ce que l'on pouvait espérer de mieux quand on en parlait, nous deux Christine, de sa réaction à se rendre compte que ça ne durerait pas autant qu'il le craignait. Je le trouve même moins lourd dans le négativisme. Il y a encore des remarques par ci par là, mais l'esprit général est pour lui quand même surprenament au beau. Ce soir, il a décidé de nous faire des oeufs sur le plat. Entreprenant, même, donc. Maman cette aprem était bien. En rentrant parceque j'avais une soupe à m'occuper, elle a demandé à rester dans le fauteuil sur la terrasse. C'est là que l'a trouvée Emilie et maintenant elle est allongée en attendant le diner. Bon, faut j'y alle.

09h15: Départ de notre pilier logistique. Nous sommes tous (Tilou et moi) la glotte engoncée dans une estrangulation émotive alors que s'éloigne sa silouhette altière aux côtés de son papa dans l'automobile grise qui descend lentement l'allée du parc alors que d'insidieux dispenseurs d'halucinations auditives nous évoquent sans qu'on puisse en être bien surs des accents Berlioziens... (Ca c'est que je suis survolté dans l'attente qu'on me parle du fromage « etorki » parce qu'une apparition m'a soufflé la bonne réponse: « Berlioz! »). Bon, en gros, mon frère est parti. On a un peu parlé, nous deux papa et je lui ai appris que Mme ... Psy d'enfer de son état vient nous rendre visite mardi. Je me suis étonné de nous mêmes qu'on le lui ai pas encore dit. Je lui ai dit qu'elle venait pour maman et pour tous ceux qui ont envie, que j'ai rendez-vous pour mardi en huit. Papa a été un peu surpris et a dit: « Ah, j'assisterai volontiers à ça. » L'entretien avec maman, je pense qu'il voulait dire. Le déjeuner, on a fait hypercompliqué. Des carottes rapées en entrée, poisson avec patates sautées et salade cuite, salade crute et fraises. Tout ça s'est bien passé. Vers la fin du repas, maman a été plus présente et a été contente des proches visites annoncées de Jeanine demain et Pascale quand elle nous dira. Mais résultat des courses, la cuisine ressemble au waterloo de la mauvaise époque. Galère. J'ai émis un voeu de simplification qui a été favorablement agréé par notre patriarche.

09h02: Salut Pascale.
Bon, ça fait plaisir à tout le monde de te voir.
Demain samedi il y a déjà une amie des parents qui nous rends vizite, alors c'est mieux une autre date.
Comme je t'ai dit je pensais aller à Paris lundi mais j'hésitais parcequ'il y a une psy d'enfer qui doit passer mardi dans notre fourmillière à névroses et ça peut être rigolo.
Sans ça, la semaine d'après, mais je crains l'arrivée du moment où maman ne pourra plus parler et donc je pense que le plus vite c'est le mieux.
Voilà, comme tu veux tu choises, aussi tu peux passer quand c'est mon frère qu'est ici, bien sur, mais bon, c'est quand-même moi le mieux.
A bientot.
F.




07h45: Arrivée d'Emilie. J'attendais Mme Camus alors je suis surpris, mais c'est parcequ'on est un jour fermier. Comme on ne la voit que le ouiquainde, je lui ai demandé si elle ne travaillait pas la semaine, et bien si, et pendant ses vacances, elle travaille à faire des chips à la vico pour payer ses études d'infirmière. Elle doit avoir le diplôme l'année prochaine. Elle dit que c'est fatiguant. Tu m'étonnes! Maman est pas très en forme. Je lui donne le bonjour de Pascale qu'elle reçoit en hochant la tête comme un vieil indien. Et quand je lui demande si ça lui ferait plaisir que Pascale vienne nous voir, elle fait très nettement oui, mais est encore dans sa peine du moment. Emilie a eu beaucoup à nettoyer et je pense que c'est ça qui plombait maman.

23h21: merci de ta réponse, elle qui avait si peur de tout çà, car elle m'en avait parlé par rapport à sa maman, c'est peut-être un bien qu'elle ne soit pas opérée, et gardée à l'hôpital, au moins vous lui permettez de vivre tranquillement ses derniers moments entourée par ceux qu'elle aime et dans sa maison.C'est ainsi qu'est partie ma grand-mère chez elle entourée de ses filles et c'est une bonne chose.
Spontanément j'ai envie de venir lui rendre visite, et du coup je te reverrai aussi, mais est-ce une bonne idée?
bisous

Pascale



22h55: Personnellement je crois que c'est faisable et que ça lui ferait plaisir.
Il faut bien sûr que je lui en parle.
De mon côté, je dois partir une semaine à Paris lundi pour recharger les batteries. Mais bon, c'est pas à un jour près.
Demain matin je te dirai si ça colle. Côté cuistance y'a pas de blême, c'est moi qu'est aux fourneaux.
Voilà.
A+.
F.


19h52: Bonjour François,
çà me fait de la peine d'apprendre que ta maman est très malade ; si tu penses que c'est bien pour elle salue la chaleureusement de ma part, et de celle de Céline, qui comme moi garde un souvenir très attendri d'elle, c'est drôle (si on veut) mais j'ai pensé à elle cette semaine, c'est comme si je le savais déjà.
Mais dis moi, de quoi souffre t'elle, ya t'il un mot sur une maladie, ou c'est juste qu'elle s'affaiblit de plus en plus?
Je reviens à l'instant de vacances camping dans le cantal ; demain je vais à St Quentin (enfin dans le coin) pour une fête de famille, et samedi, je serai de nouveau chez moi à Amiens.
j'attend de tes nouvelles bisous PASCALE
PS : salue aussi ton père, Christine et Thierry s'ils se souviennent de moi.

Pascale

jeudi 14 août 2008

16h45: Au retour, maman n'a pas envie d'aller au lit. On se met aux petits chevaux. Deux parties très disputées qu'elle a gagnées. On attaquait la troisième à trois avec Thierry quand Laetitia est arrivée pour la chemisedenuiter. Ensuite, elle est restée au lit où elle a pris sa soupe.

15h30: Maman est très partante pour une balade. Papa aussi mais Thierry lui complique la vie en lui demandant des papiers. On l'attends dehors et je vais cueillir quelques framboises pour maman. (T'inquiètes que quand ça me pète je vais m'en goinfrer ma pomme...) Elle les mange doucement et quand je lui demande si c'est bon, elle me répond: « extraordinaire. » Quand je raporte ça à papa, il réponds « C'est bien elle. » Ensuite il a plein de petites attentions émues. Je pense que c'est en rapport avec ce que lui a dit Thierry et qu'effectivement il y a du soulagement que ça soit moins long qu'il le craignait. On fait le tour du chateau et nous allons nous installer à un banc pour faire de la kiné pendant que papa rentre puis revient m'annoncer que Sylviane m'a appelé.

12h30: J'ai fait cuire des artichauds. Succès total sur toute la ligne sur tout mon public. Maman très somnolente en début de repas dit ne pas aimer la viande. C'est la première fois que je l'entends dire qu'elle n'aime pas quelque chose, depuis sa maladie s'entends et je suis très heureux d'apprendre qu'elle le peut alors que je craignais justement qu'elle se l'interdise par égard pour nous. Christine s'est réinvitée à table par haut-parleur. Je soupçonne qu'elle ait lu dans le blog que c'était une réussite, du coup on va peut-être l'avoir à tout les repas. Bon, elle mange pas grand chose, mais c'est une vraie fille, elle cause...


11h30: Papa a une demande sur notre démarche de ce matin. Je lui réponds entre autres qu'on se trouve en soins palliatifs et Thierry a une long entretien avec lui dans lequel il lui décrit tout ce qu'il sait de la situation. A ce moment, c'est plus Thierry qui est dans l'émotion que papa.

08h30: Papa part aux courses et on se rappelle qu'on a un rendez-vous à 9h30 à Soissons. On part en vélo nous deux mon frère et je peux constater qu'il a un moteur bien boulonné dans le crâne car en vélo il continue à avoir une attitude d'automobiliste extrémiste, c'est à dire de parfait trou du cul. Son best of du jour étant de couper la priorité sur un rond point à un convoi exceptionnel. Sans ça, il sort ensuite son excellence en logistique et nous dépatouille avec une maestria grandiose des sacs de noeuds auparavant inextricables.

08h00: Je suis réveillé tôt et je prends le petit déjeuner en charge. J'ai préparé un milkshake aux fruits qui tombe à point nommé car maman a un mauvais gout dans la bouche du aux médicaments. Le café au lait je l'ai épaissi avec des flocons d'avoine mais maman dit qu'elle a soif et boit de l'eau en plus.

mercredi 13 août 2008

19h30: Diner avec un appel de Christine qui s'invite à table par haut-parleur interposé puis fait succéder tout ce qu'elle a de petits enfants à portée. Ca en fait déjà une sacrée chiée. Maman est très contente, écoute et rigole. Très bon moment.

15h30: Maman est partante, assez en forme pour une balade. On part avec papa et Tilou. Un bon tour par l'église et retour par le chemin des boxers. Ensuite on a rendez vous au psy de l'organisation Cecilia avec Thierry. Le psy en famille, c'est marrant, plutot sympa comme idée, mais là, la dame elle va avoir du taf. Thierry y va plus pour papa. Moi on m'avait déjà expliqué qu'il est pas question d'y envoyer quelqu'un de pas volontaire. N'empêche qu'elle va venir voir, pour maman et faire connaissance de papa à l'occasion. Je lui ai dit de pas trop trainer que maman parle de plus en plus mal. Elle doit venir mardi prochain. Moi j'irai tout seul la semaine d'après. Au retour on passe faire des courses à cora. Thierry prends des fleurs, il a bien raison, elles font plaisir à maman. Moi, je prends des artichaux. (J'ai mis un X parce que je trouvais rien qui colle, par dépit. C'est peut-être vraiment un x, va savoir. Artichaux?) En rentrant on se fait engueuler qu'on achète trop de choses et Thierry dit que c'est de ma faute.

12h30: Papa a fait le déjeuner de A à Z. Je commence à me méfier que d'être deux frangins sur le coup est peut-être à double tranchant et qu'à se reposer l'un sur l'autre de taches par ci par là, on arrive très bien à plus rien faire du tout ce qui est le cas de ce matin. C'est pas mal, mais on sent vaguement que y'a quelque chose qui cloche quelque part. Maman mange toujours bien mais somnole beaucoup à table. Faut aller chercher ses sourires plus loin dedans elle. Elle parle moins bien aussi. Melon, tournedos poivrons, yaourt, voilà son menu. Café aussi, mais beaucoup de fausses routes. Après, on la couche nous deux papa. C'est une inovation de Thierry, mais c'est bien mieux pour tout le monde et surtout pour elle de la mettre au lit à deux. Ensuite, histoire de prendre un peu de l'active, je me tape la vaisselle et puis je m'horizontalise aussi.

10h30: Passage du kiné et puis maman décide de rester couchée.

08h30: Papa frappe à ma porte. Il a donné à déjeuner à maman et elle demande à se recoucher. Ce que m'exécuté-je.

mardi 12 août 2008

19h45: Je reviens de Reims où je me suis bien aéré la tête. J'arrive que tout le monde est ta table. Maman à un bon regard et sourit, c'est bien agréable. J'ai déjà mangé à Laon à « chez mémère » qui fait encore les frites avec des restants de l'huile de chars allemands, enfin, genre, quoi. Donc fin de dîner. Nous deux Thierry on couche maman et passe Mme Da Maïa qui vient masser maman, essaye de me faire bosser que je refuse. Après on cause un peu avec le frangin et demain, après-demain on a des rancarts avec l'équipe des soins de maman. Il me fait cadeau de la nuit qu'il effectuera tous les retournements. J'apprécie le geste à sa juste valeur, ça me fera une deuxième nuit non stop, c'est trop bon.

dimanche 10 août 2008

19h30: Soupe pour maman qui ensuite demande de la salade puis d'une tarte aux pommes que je sors du four et un petit macaron que Thierry sort du frigo. Maman est pas mal en dehors du coup dans les conversations et je trouve qu'on s'adresse pas assez à elle. J'ai d'ailleurs fait la remarque à Thierry. Mme Da Maïa arrivée un peu en avance trouve encore maman à table. Lit donc, puis massage. Je fais de la soupe pour les jours à venir que je vais aller faire un tour à Reims. On se partage les tours de changements pour maman dans la nuit et dodo.

16h00: Relevailles de sieste, maman a une bonne petite étincelle dans le regard. Elle irait volontiers balader, sauf que la faute à pas de bol, il commence à pleuviner. Je lui fais goûter le temps sur la terrasse et elle décide qu'on n'y va pas. Du coup je propose petits chevaux et la petite étincelle scintille. Nous faisons deux parties. Je suis enchanté de ma trouvaille en matière de godets à dés. Des pots de yaourts en verre ont un son, une rebondissance interne des dés qui me satisfont totalement, comme une recherche parfaitement aboutie. Maman a les gestes moins précis et doit s'y reprendre à deux ou trois fois avant de remettre le dé dans le godet mais si elle se mêle de faire avancer un de ses chevaux, bien que le geste ne soit pas très assuré, elle finit sur la bonne case sans erreur de calcul. Je gagne la première partie haut la main après lui avoir ignominieusement dévoré un pauvre petit cheval qu'elle avait eu bien du mal à mettre là et elle gagne la deuxième d'un quart de poil, la classe. On fait pas la belle vu qu'il pleut plus. Départ d'une caravane avant ses rails (c'est rien, une crise, faut laisser passer, surtout pas y accrocher l'attention, sinon on va dans le décor) papa tilou maman moi, nous, quoi, qui refaisons le même tour qu'avec Thierry le matin. Impec nickel chrome. Papa nous apprend qu'il a déjà fait avec Tilou la promenade vers le petit prunier et le banc. Je lui remarque qu'il tient une forme olympique et il me rétorque que ces derniers temps il a beaucoup baissé et qu'à son âge ça ne se récupère pas. Pas de quoi me formaliser parcequ'alors que tout être normallement constitué s'autodétruirait dans les trois minutes suivant ce message, lui ça a plutôt l'air de lui réussir. Chacun son truc. Je lui fait quand même remarqué que le coin là-haut est chouette et là il acquiesse, allant jusqu'à dire que la vue est agréable, l'air doux et peut-être une ou deux fleurs comme ça que j'aurais eu le tort de ne point avoir recueilli. Au retour maman demande à s'allonger ce que m'empressé-je.

09h21: Je chope mon frelot à sa sortie du train. On dit des conneries et des non-conneries, je sais plus, j'en ai des brouettes de feuillets froissés entassés dans le cortex, je vais pas trier maintenant, demain...

08h15: Je me lève un peu tard et maman est déjà à table pour le petit dej. Je prends la relève de papa et accroche au passage un petit sourire au revoir d'Emilie. Maman a l'air bien éveillée. difficile d'avaller le café au lait sans s'étouffer, je demande à papa qui prépare la liste des courses de ramener des flocons d'avoine pour un dej moins liquide.

samedi 9 août 2008

19h30: Maman dine au lit. Une soupe faite genre 24h du Mans, parce que j'avais pas prévu qu'y en avait plus. Donc courses à l'arrache, optimisation totale des découpes, chauffes etc. Et à l'arrivée, trop la classe: Une pure merveille. Poireaux patates jambon et etorki. Là, avec une soupe commac, ma mère, tu vois, eh bien, écoute bien ce que je vais te dire: Même elle aurait pas été ma mère, je l'emballais facile... Les doigts dans le nez... Après, il y avait un petit gateau classieux d'un patissier classieux que mon père avait raporté. Mais ma soupe elle était mieux encore.

18h00: Passage d'Emilie. Je la vois pas. Mon père me dit que j'ai loupé quelque chose avec un sourire égrillard. J'avais un peu ça dans l'idée en n'y allant pas.

15h30: Balade jusque l'arbre pour profiter de l'ombre et faire de la kiné. Papa nous accompagne, trouve les prunes dégueulasses, trouve aussi que l'air est agréable et rentre regarder les JO parce que nous, là haut, ça peut durer. En fait je crois que maman serait restée dormir sous l'arbre parceque c'est moi qu'ai initié le départ, à 17h par peur de louper Emilie. J'avais oublié qu'elle passe assez tard en fait.

12h30: Déjeuner à table nous trois. Hein? Non, la kermesse c'est pas ici, voilà, vous descendez la rue, à gauche... Peut-être là-bas, mais non, ici, vous voyez, y'a pas de kermesse... Bon, c'était mieux hier, ça reviendra, y'a pas de raison...

10h00: On va faire une petite balade, et retour au plus court. Puis au lit.

07h00: Passage d'Emilie après une nuit sans histoires. Maman est fatiguée encore, pas la forme. Petit dej au lit.

vendredi 8 août 2008

Un mail de Christine à Thierry qui date déjà de quelques jours, donc:

Bon, puisque le téléphone ne marche pas bien mais que le courant est rétabli, on va faire le point.

Papa a son rythme de croisière par grosses chaleurs et séjour culpabilisant. Il dort beaucoup, il se baigne pas mal, il mange très bien, il fait ses mots croisés et un peu de conversation, son point d'honneur étant de déranger le moins possible !! Son autisme à la fois naturel et convenu me serait dur à supporter si nous étions seuls mais avec les autres, qui ne s'offusquent de rien à cet égard, au contraire, c'est parfait. Il est dans sa chambre quand il veut, au salon et à la piscine seul ou en compagnie selon ses humeurs, il n'y a que les heures de repas qui lui sont dictées, et il s'en arrange fort bien, c'est le moment de la conversation, et comme il a lu le Figaro qu'on est allé acheter ensemble au centre commercial d'Opio, il y a des sujets tout prêts.

Le matin, je me lève pour faire le petit déjeuner, mais comme il est très matinal, soit il se précipite sur son café et il a fini sa tartine quand j'entame la mienne, et alors, il se lève et m'annonce qu'il va faire sa toilette, soit il a déjà fini, comme ce matin, mais il en a marre d'être seul et de se demander quand la maison va s'éveiller et c'est alors que nous avons eu l'occasion d'une vraie conversation au sujet de Maman.

En résumé, il me dit qu'il n'a pas envie de retrouver son enfer, alors j'en profite pour lui dire que depuis que Maman est "malade" selon Broca, il y a eu deux périodes, une où il a trouvé une sorte de bonheur à s'occuper d'elle, et la seconde, où il a vite connu ses limites, quand elle est devenue paralysée et de ce fait incontinente. Je l'ai rassuré autant que j'ai pu sur ses sentiments d'alors, les médecins eux-mêmes se sont alarmés qu'il soit alors en charge d'elle et c'est ainsi que nous sommes venus à la rescouse. Quant au fait qui l'a opposé à nous, là aussi, nous avons compris rétrospectivement qu'il ne pouvait assumer ce désastre et que si nous refusions en bloc la solution des "Gloriettes", c'était à nous de prendre en charge Maman. J'ai dit qu'il y avait des volontés opposées, d'où les querelles larvées ou actives, mais que depuis le scanner du mois de Juin et la confirmation par l'IRM, cette période était terminée. Là, il m'a dit qu'il avait déjà compris qu'il s'agissait d'un cancer, mais que personne ne pouvait lui dire combien de temps....

Je confirme que personne... mais je précise que Maman n'est pas du tout dans la situation de sa mère, que sa fameuse "démence sénile" n'aura pas raison d'elle, qu'elle est toujours la femme qui a traversé la ligne d'occupation pour le rejoindre et se faire épouser de gré ou de force, "plutôt de force", précise-t-il, bref, que Maman mourra de ce cancer qui a déja endommagé son système, qu'il ne s'agit pas d'années mais de mois. Il me dit que je n'en sais rien, alors je lui dis de poser les questions à ceux qui en savent plus que moi, toi, qui as vu les toubibs et les toubibs eux-mêmes. Je lui ai dit aussi que ces gens-là ne disent rien si on ne leur demande rien, mais répondent aux questions. Je lui ai dit, ce qu'il sait, qu'il pouvait avoir une totale confiance en toi pour le médical.

Sa réaction, si je puis dire, parce qu'il n'en a pour ainsi dire pas eue, a été de dire : "il faut que je veille sur ma santé, qui m'inquiète, tellement je me sens faible"; Je lui ai fait remarquer qu'il tenait donc à la vie et il m'a dit qu'en effet, nous serions mal s'il devenait dépendant comme Maman. Ce qui m'a frappée, c'est qu'il se pose,face à nous sur le même plan qu'elle au lieu d'être de notre côté face à elle. Sa faiblesse est immense, il faut tenir compte de ce fait !!

Là-dessus, la journée se passe bien et la soirée est extraordinairement belle à regarder Matteo faire le fou dans l'herbe, mais le remords le ronge, et il re-décide de partir Jeudi... On verra ce qu'il en sera demain matin...

Je t'embrasse. Ch.

18h00: Pendant le petit pas de deux dont je la mène au lit, maman me dit que je la gâte. Je lui réponds qu'elle m'a gâté aussi quand j'étais petit, que j'ai entendu ça encore assez souvent pour que ça aie des chances d'être fondé. Alors que c'est un juste retour des choses. Elle rigole. A peine allongée, passage de Laetitia qui dit qu'elle la trouve beaucoup mieux qu'il y a deux jours.

15h30: Petite balade rapide entre deux ondées. Sur de malheureuses petites maisons qui ne lui avaient rien fait, papa s'horrifie qu'elles soient si mal situées et qu'elles doivent être tristes dedans. Je lui réplique que c'est lui qui est triste dedans et plus loin je lui montre d'autres maisons, plus rayonnantes et lui dis « Tiens, regarde celles là, je parie que les gens dedans passent leur temps à regarder des sketches de Fernand Raynaud » A quoi il répond que c'est vrai, il a pas le coeur à rire. A la maison, maman n'a pas de désir à exprimer. Je nous installe au salon et on regarde la Traviata, une valeur sure qu'elle aime bien. Je lui gratte la tête et elle me dit « c'est divin ». A un moment, papa surgit assez remonté et m'accuse de tuer ma mère à lui faire écouter des hurlements pareils pendant deux heures. Maman interrogée répond que non, elle aime bien, c'est de la jolie musique. Je me rendais pas compte que ça s'entendait tant. Enfin, je pense que il pouvait quand-même s'isoler dans son bureau, nous on se tape sa télé de sourdingue, quand ça lui pète.

12h30: Je réveille maman fatiguée mais qui veut venir à table. Là, comme tout arrive à qui sait entendre, c'est le vrai repas de famille retrouvé. Super, le gueuleton. D'abord melon, histoire que ça se voye pas trop d'entrée, comment que ça va pas être pareil. Ensuite, comme la bidoche sur le grill dehors tarde un peu, j'ammène une spécialité à moi, des haricots ratés-réussis. En fait, c'est des zaricots verts surgelés que chaque fois que je lis le mode d'emploi c'est trop tard, je les ai mis dans la poêle alors qu'il aurait fallu les bouillir, chaque fois je me dis que je m'en tape et puis ça m'est déjà arrivé, c'était pas pire et chaque fois c'est super bon total. Voilà. Après, la bidoche à papa, nickel tip top. De très bons moments. Papa chante des chansons d'Aristide Bruant, raconte des trucs des temps jadis, tout bien. Et un dessert de chez surgelé mais classieux et bon. J'en ai pris deux fois, et maman aussi. Café, juste ce qu'il faut de fausse route et sieste, c'est la moindre des choses. J'ai demandé à maman si ça lui avait plu, le premier repas de famille retrouvée, elle a dit oui. A moi aussi, logistiquement, papa allège quand-même bien la tâche et la qualité de sa quête de nourriture de mâle dominant est supérieure à la mienne. Je dois bien reconnaitre que les mammouths qu'il capture ont meilleur goût que les miens.

10h00: Discution avec papa assez à coeur ouvert et assez sereine. Papa: -Te rends tu compte que ça fait 63 ans que je partage le même lit que ta mère? -Non, pas vraiment, et ça fait quoi? -Je suis déchiré, Je voudrais qu'elle meure pour elle et je ne le veux pas non plus, elle est devenue une partie de moi-même. Je lui raconte l'échange de ce matin avec maman sur mourir dans la dignité, en fait et lui dis qu'il n'y a pas vraiment de déchirement, qu'on est d'accord puisqu'elle le veut aussi, qu'on est juste bloqués par la loi qui nous mettrait au gnouf en cas qu'on s'en mêle. Je me rends compte maintenant que j'étais pas sur le même sujet à ce moment là. Mais aussi, je lui ai dit que je comptais aller voir un psy du réseau Cecilia et que s'il existe de ces groupes de paroles dont ils parlent dans leur dépliant, je suis très intéressé. Il m'a regardé avec des grands yeux ronds et on verra où ça va dans lui. Il m'a commencé un couplet qu'il devient fou ici qu'il comprend pourquoi Christine l'a emmené chez elle, qu'il est trop symbiosé avec maman pour ne pas être déchiré et je lui ai répondu sans aucune notion de reproche qu'il semblait pourtant avoir de la ressource dans cette direction là vu qu'il n'allait la voir qu quand il en avait envie et était capable de diner de son côté si ça lui pétait comme ça. Aussi, il m'a raconté qu'un soir il est allé l'embrasser, qu'elle a ouvert les yeux et lui a dit: « Merci. » Je lui dis que voilà, c'est ces moments là qui peuvent nous regonfler pour les moments durs, que ce sont de pures merveilles de beauté. Il me répond: « C'est beau mais c'est atroce. » Alors je lui dis que c'est lui qui mets ce mot là à cet endroit là, que je trouve que c'est dommage, le dur peut être assez dur comme ça sans abimer le beau. On a du en rester à peu près là.

09h00: Laetitia n'est pas encore passée. Maman demande à se lever. Je la change, je change les draps. Pendant son déjeuner, il me semble l'entendre marmonner: « J'veux m'en aller » Je lui demande ce qu'elle a dit, elle me fait un vrai sourire de maline et elle me dit: « J'ai rien dit. » mais elle a visiblement le moral plus près des chaussettes que du beau fixe. En la recouchant, après qu'elle m'ait dit qu'elle avait pas mal, je lui qu'elle avait pas mal mais qu'elle en avait assez et elle me dit que oui, qu'elle aimerait bien partir. Comme je lui dis qu'on peut pas grand chose là dessus, qu'on est pas bien maitre de ça, elle fait: « Eh oui, on peut pas tuer des gens. » On avait donc fait le tour du débat... Je... Non, rien.

jeudi 7 août 2008

02h45: Papa m'appelle à l'aide qu'il ne comprends rien de ce que dit maman. Maman a une jambe coincée dans la rambarde du lit médicalisé et dit qu'elle voulait se lever pour aller faire pipi. Je la leve et elle va au toilette sur lequel elle reste un certain temps, très productrice. Quand je la recouche en lui disant qu'on a de sacrées aventures, la nuit, elle rigole bien. Elle a l'air très en forme de ce petit intermède. Un bisou et c'est reparti jusque 6h le prochain changement de position. Je me sens bien aussi et pianote sur l'ordi, là.

14h30: Arrivée de madame et mademoiselle Da Maïa. Très charmante, la demoiselle. Je décarre pour Roissy aussi sec. En foret de Villers, orage Dantesque, impossible d'y voir même avec les essuie-glaces à 15000 tours minute. Je me gare et j'attends que ça se calme un pneu. A Roissy, ça va je m'en sors, mais je serre les fesses dans cet univers festonné de béton et de verre. Je suis à l'arrivée avec 20 minute d'avance comme quoi j'avais bien fait de compter une heure de battement. Papa sort à la bonne porte du bon wagon et on s'en retourne. Il faisait trop chaud là-bas, il aurait jamais du partir etc. En route, on téléphone à la tribu Da Maïa qu'on sera en retard et qu'elles peuvent laisser maman un peu seule. A l'arrivée Maman est contente de revoir papa mais pour le diner du retour à table c'est un peu loupé, il a déjà mangé dans le frigo. Il vient un peu avec nous à table.

12h30: Déjeuner à table. J'ai fait une mayonnaise qu'on dirait une ile flottante sans île. Crevettes avec et puis salade de tomates mozarella.

09h30: Kiné sur la terrasse. Maman est fatiguée ce matin, pas de balade. Fauteuil et lit.

09h00: Maman déjeune. Une fausse route en fin de café au lait, elle a pas envie de milkshake.

07h45: Passage de Laetitia en même temps que début d'un orage diluvien. Je me réveille, saute dans mes habits et lui présente sans ménagements le spectacle d'un quinqua aux nuits tourmentées au saut du lit. Elle m'enjoint d'aller me recoucher tout de suite, ce qu'obtemper-je.

03h00: Comme je passe pour changer la position, maman ne dort pas. Elle a envie de se lever, elle a chaud. Elle prends un peu le frais sur la terrasse et puis demande à aller aux toilettes. Constipation? Je sais pas, qu'est ce que ça veut dire? Non, on connait pas ce mot là... Après, fatiguée par le sport d'aller au toilette, elle demande à se recoucher.

mercredi 6 août 2008

21h00: Je vais positionner le traversin et maman me parle de que je le fais aussi la nuit, alors je lui explique, que c'est un ordre du médecin pour l'escare qu'elle a et que je passe toutes les 3 heures. Minuit, trois heures et six heures étant les prochaines stations. Elle écoute tout très attentivement, se marre par endroits et il y a du plaisir en elle, de ce moment. Après, je vais bloguer et donc la soudaine concordance des temps du réel et de la narration occasionne un bang sonore qui est le signe que je vais passer à autre chose.

20h15: Arrivée de Mme Da Maïa et sa merveilleuse passion de toujours vouloir sous-traiter le boulot qu'elle a à faire au moment où on est bien installé à glander, de la musique douce faisant onduler le voile des apparences d'une manière qui pourrait parraitre surprenante si le cerveau ne tournait déjà en ondes alpha.

19h30: Au diner, maman demande à rester au lit. Soupe avec viande dedans mixée. Après la soupe, maman dit qu'elle a fini et je lui propose du milkshake que j'appelle « purée de fruits ». Son regard s'allume et elle dit « Ah oui, c'est bien, ça. »

16h30: Maman se lève, plutot en forme et nous partons en balade. A l'arbre, farniente et puis kiné. Un peu plus tard, on se trouve avoir trop chaud et nous rentrons. Maman demande à s'allonger et se repose.

13h30: Petit rangement, je me mets en slip et ni une ni deux, je chope Tilou qui passe à la baignoire. Tellement elle a de poils ça prend des plombes de la mouiller entièrement. Shampooigne, attends que ça agisse, reshampooigne... Explique le pourquoi de la chose au pauvre animal qui se croit déjà atterri dans un labo. Et puis, libération du martyre à l'extérieur, qu'elle se sèche un peu au soleil. Pfouuuh. Ensuite, poudre dans les endroits suspects et cierge à Ste Rita, patrone des causes désespérées parait-il.

12h30: Melon, poulet aux pruneaux, milkshake. Au café, encore quelques fausses routes. Peut-etre qu'il va falloir envisager de solidifier un peu tout le liquide. Faut dire que l'infirmier de Cecilia m'a un peu alarmé sur les fausses routes. Et puis sieste bienvenue pour maman.

11h00: Au retour, maman est en forme, se lève et on part faire le tour habituel maintenant avec prune, exercices kiné et pur plaisir de l'air à l'ombre d'un arbre magnifique.

09h30: Je pars chercher des produits antipuces suite à une attaque que je m'en suis trouvé. Le chien, suspect n° 1 va passer un sale quart d'heure. Aussi j'achète quelques boites d'eau gélifiée, l'infirmier m'ayant recommandé d'en avoir en prévision.

08h00: Passage de Laetitia. Maman demande à petit dej au lit. Quelques fausses routes avec le café au lait, elle goute le milk shake aux fruits, trouve ça très bon et finit avec ça que c'est plus épais. Aussi, l'infirmier de Cecilia m'a confirmé que c'est bon pour elle.

mardi 5 août 2008

20h00: Passage de Mme Da Maïa qui n'a aucune notion des conventions de Genève et vient m'enjoindre de lui écrabouiller la fin de son tube de crème graisseux dans les mains alors que je suis en train de savourer ma soupe. Comme je lui dis: non, elle me réponds: si, avec tant de mauvaise foi tellement argumentée que ça me parait encore un moindre mal de m'exécuter. Le tube en plastique est tiédasse, mes pauvres doigts d'enfançon terrorisé glissent sur la matière gluante tandis que ma soupe détourne le regard, révulsée. Le suplice dure une éternité, le tube est en charpie et mes doigts saignent qu'elle en réclame encore. Je m'évanouis.

19h30: Maman prend sa soupe au lit, nouvelle oeuvre: courgettes tomates salade avec du poulet mixé avec.

17h00: (Les horaires sont pifométriques et n'engagent en rien l'auteur qui ne comptabilise pas au micronnième de seconde comme il le devrait.) Arrivée de Laetitia qui repart avec une salade et quelques tomates. Il faudrait que je voie ce jardinier pour lui dire qu'on n'est pas aussi nombreux qu'il semble le croire.

16h00: Maman accepte de se lever. Nous partons pour un petit bout de promenade et faisons demi-tour à la maison des boxers. Fatigue et retour au lit.

15h30: Arrivée des infirmiers de Cecilia (en fait c'est pas l'HAD, ça m'a fait droit à un quiproquo) Maman est restée couchée parceque fatiguée. Ils la voient et puis viennent me causer au salon. Bon, ils m'ont parlé d'aides suplémentaires possibles mais là, j'avais pas grande idée de besoin qu'on pouvait avoir, vu que ça me semble bien tourner. Ils m'ont montré un geste de serrer sous le thorax d'un coup sec pour dégager en cas de fausse route grave. M'ont dit de reprendre un rendez-vous quand Thierry sera là qu'il est plus pointu dans la logistique. Voilà. Ils ont recommandé d'avoir de l'eau gélifiée d'avance. Et puis s'ont repartis. Très chouettes, comme tout le monde qu'on rencontre dans ces équipes là.

11h30: Maman demande à se lever. Le poulet est dans le four avec ses potes, je nous vote une balade, on décole, Tilou enthousiaste, pour aller en haut sous l'arbre faire de la kiné et se la couiller d'ours. Ca le fait nickel, une petite prune au passage. Ah oui, un peu avant, un gars de l'HAD a appelé et doit passer vers 15h et des brouettes. Devant comment que ça me faisait plaisir de le voir, il m'a dit qu'il était impatient de connaitre quelqu'un d'aussi sympathique. J'ai peut-être été trop cool, je vais essayer l'oeuillade de maffieux, faut que j'm'entraide... Euh non, que j'm'entraine. Oui, c'est ça, que j'm'entraine... A quoi, au fait?... Bon, ensuite on déjeune. Maman fait beaucoup de fausses routes. Je lui propose de mouliner son assiette, elle refuse. Elle me félicite quand-même que c'est de la grande cuisine. Faut dire que le grand plat avec nous deux autour, ça jette, on se sent riche, là. Tilou a droit à un repas de nonosses (les mêmes qu'à Cana). Dessert café vaisselle et au pieu qu'c'est là que je suis sur le dinateur. Voilà.

07h45: Passage de Laetitia la délicieuse. Maman a l'air assez fatiguée et demande à prendre son petit dej au pieu. Ce que je m'empresse. Suite de quoi elle se rallonge par la grâce du progret de la technique qui la dote d'un dossier électrique. De mon côté je vais en turboréaction chercher les médocs de l'ordonnance de la veille pour la constipation et des couches populaires chez Cora. Au retour maman veut toujours rester allongée, je passe au fourneaux pour l'élaboration de ma nouvelle symphonie: poulet bio aux pruneaux, poivrons, oignon, amandes, champignons, poivre, petite giclette de pinard et roule ma poule.

lundi 4 août 2008

15h30: A un quelconque retour de courses, maman a envie de se balader, on décolle. A noter que Tilou, va savoir pourquoi est partante à 100%. On monte comme hier, maman se tape 4 prunes que je choisis parmi les moins immatures, une lectrice ayant suggéré que de la prune verte pour la constipation ça devait pas être mal. Maman est enchantée de ses prunes mais n'a plus cette extase persistante de la veille que j'imputerais assez à la satisfaction de m'avoir arraché le fruit de vive lutte. En haut on ne s'installe pas sur le banc mais à l'ombre d'un arbre magnifique dont si je savais le nom, je le mentionnerais certainement car c'est vraiment un très bel arbre. On fait de la kiné et ça finit comme de la danse ou du Taï-Chi où je sens maman accompagner le mouvement de l'intérieur dans la limite de ses possibilités. On fait le tour du chateau mais pas question de retourner dans la jungle, maman nous mets sur le retour. A l'arrivée destination toilettes et là, toutes les marques diverses d'explosifs qu'elle a ingéré ces derniers jours jusqu'aux prunes acidulettes peuvent se disputer autant qu'ils veulent le mérite de l'effet enfin obtenu, l'effet lui est là et bien là, on lui accorde tout ce qu'il veut, tapis rouge, garde républicaine, fanfares, hautbois, musettes, on est enchantés de sa visite, quand il veut il revient et où il était? et c'était bien là-bas?... Voilà, une bonne chaise de faute, comme on dit. Ensuite, maman se le sentirait assez d'un petit tour de chauffe aux petits chevaux où à la crapette, mais Laetitia débarque sur le coup des 17h30 et donc maman va au lit se faire changer. Une fois là dedans, elle décide qu'elle y est trop bien et y reste. Jusque pour le repas qu'elle croyait pas que ça allait passer mais qu'elle avait envie de prendre au lit. Je lui sers donc sa soupe au pieu et je lui dis: « Tu vois, c'est toujours toi la reine. » Elle rigole mais pas bien sure de savoir si c'est du lard ou du cochon. Quant à se laver les dents: « C'est pas la peine » Et si je lui dis qu'elle a changé la loi depuis que j'étais petit, elle rigole encore. D'ailleurs elle a une très mauvaise influence sur moi, je me suis pas encore brossé les dents ce soir. Bon, après diner dodo, moi je vais faire des courses, bien sur, on manque de couches. Et bon, là ça va, dodo maintenant. Non, c'est fermé, demain!

12h30: Déjeuner: salade tomates avocat, ç'tait caché aubergines poivrons, milkshake pêche kiwi pomme, café. Ensuite sieste pour maman. Moi j'ai encore bien du partir aux courses, aujourd'hui j'ai fait que ça...

11h30: Le docteur passe, ausculte, essaye quelques techniques vaudou qui foirent, prescrit quelques bombes atomiques de puissance croissantes et repart satisfait autant que rémunéré.

08h00: Arrivée de Laetitia pour habiller maman qui semble assez fatiguée ce qui me surprend car à tous les changements de position, je l'avais trouvée dormant bien. Maman déjeune puis se recouche. Je fais des courses. Aujourd'hui, je fais énormément de courses en automobile pour aller plus vite. C'est con, c'est chiant, c'est comme ça. Madame Da Maïa est là le matin, ce qui est rassurant pour zaguer. Les tailleurs de haie sont là et officient. Madame Da Maïa tient la buvette et veille à ce que les objets usuels soient enfermés dans le noir plutôt que de bader dans la lumière en enrichissant de leur présence l'harmonie universelle.

dimanche 3 août 2008

15h22: Réveil tôt de maman qui est partante pour se lever, partante pour se balader, partante pour emmener le chien. J'arrête les demandes, elle est visiblement partante pour tout. Le ciel est gris, avec des petits crachins de temps en temps mais l'air est extrèmement doux. Nous prenons le chemin de derrière, comme dabe et arrivés à la maison aux deux boxers, Tilou nous incite à prendre le chemin après la barrière qui monte à un banc récemment installé. Maman a qui je demande si elle a pas peur d'être trop secouée est totalement partante. Le chien marchant devant nous donne un rythme très recueilli et paisible. Au banc on s'installe, on est vraiment trop bien. On fait les exercices de kiné, on profite du comment qu'on est bien et l'un dans l'autre, je sais pas combien ça dure, au moins demi-heure... Ensuite, on redescend. Un moment je remarque un petit prunier couvert de petites prunes bleues. Je les tate et les trouve trop dures pour être encore mangées. Comme maman ne les voit pas je lui en prends une pour la lui montrer et à peine le fruit arrive à portée de serre, maman s'en emparre et se la fourre dans la bouche avant que je réalise bien ce qui se passe. Puis elle se la mâche passionément et recrache le noyau extrèmement satisfaite. Ensuite Cinq ou six fois à deux ou trois minutes d'intervalle, elle a répété à brule pourpoint: « Elle était vraiment délicieuse, la petite prune! ». Du coup, trop la pêche, on continue pour faire le tour du chateau. Arrivés à la route qui monte à la nationale, on regarde un peu les patures des chevaux et je propose de faire un petit aller-retour sur le joli chemin herbeux entre les prés. Pas de blème, on se faufile entre barrière et cloture éclectique et on cahote allègrement dans cette petite merveille. Histoire de mettre un terme, je dis qu'arrivé aux arbres on fera demi-tour « Oh, on pourrait continuer, on peut toujours faire demi-tour quand on veut » qu'elle me fait. Un peu plus loin, c'est: « Si si, continue, je crois qu'on peut passer. » En fait ça passait, c'était pas trop gadouilleux juste avant le chien qu'était deux et on est rentrés par l'église et le chemin que Thierry aime bien rentrer dans la voiture du maire. Voilà la balade. A l'arrivée il y avait ce qu'il fallait de pluie pour dire qu'on était juste dans les temps mais pas de quoi mouiller vraiment. Maman demande à aller aux toilettes, mais là j'attendais trop le miracle, ça s'est pas produit. Je l'avais pourtant installée comme pour un siège, petite tasse de milkshake, dument chapitrée sur l'intéret de la chose, rien du tout. Et quand je lui fais part des inquiétudes du corps médical, elle dit que ça se débloquera tout seul et du haut de ses pyramibes, m'assène: « Tu ne me connais pas! » Sans doute, mais elle a quand même dans le corps de quoi faire péter le barrage d'Assouan et la grande muraille de Chine avec, entre autres. Je sors juste d'une balade dans laquelle j'étais tout à fait l'Yves Montand du scalaire de la peur avec mon convoi de nitroglycérine, alors... Pour tenter de retrouver un peu de sens commun et revenir à des loisirs mesurés, j'ai proposé de jouer aux petits chevaux... Jamais j'avais pris une dégelée pareille. Carpette, qu'elle m'a mis, mais carpette total. Quatre parties d'affilée où je ne pouvais sortir mon premier cheval que quand elle avait rentré le sien et tout à l'avenant. « Aller, encore une partie! » Ben tiens, à sa place j'aurais certainement été tenté. J'ai été con, j'aurais du l'emmener au casino, on faisait péter la banque. Mais bon, après la quatrième partie, le niveau des piles faiblissait quand-même. Une petite heure allongée et pour le diner, elle m'a demandé à manger dans son lit. Ah oui, j'ai zappé le passage de la divine Emilie qu'on n'est pas sur de revoir si passage à l'HAD. Bon, ils ont peut-être les mêmes là-bas, on verra bien.